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Lettre de Terre à délits
Depuis cette banquise,
malgré un vent féroce,
je me fend d’une bise
et je t’écris en morse.
Ici pas un ‘’ perdreau ‘’,
je te jure que ça ‘’ caille ‘’,
j’ai mis plein de polos
mais le froid me tenaille !
Pour aimer cet endroit,
il faut être ‘’ toqué ‘,
je me pèle les noix
et je peux plus bander.
Partout, y’a de la glace,
crois moi, ça jette un froid,
au cul, j’ai des crevasses
et ce n’est pas la joie.
Y’a vingt dessous zéro,
et malgré ma parka,
c'est pire que dans l' frigo...
je les ai à gla-gla.
Car même sous la tente,
il faut avoir du pot.
pour dégeler la fente,
j’ai besoin d’un réchaud.
Il faut de la bravoure
dans ce paradis blanc
pour se faire l’amour
sans se briser le gland.
En plus, c’est ‘’ inuit ‘’
de voir dans ce pays,
des gars prendre des cuites
sans glacer leur whisky.
Les femmes ont du piquant
car dedans leur fourrure,
leurs lèvres en s’écartant
me filent des gerçures.
Le soir dans leur igloo
les poupoules cocottent,
ça sent le caribou…
surtout dans leur culotte.
Même sous la Grande Ourse
ou l’étoile polaire,
j’te jure que j’ai les œufs
dedans une glacière.
J’ai une faim de loup,
je vis sur mes réserves,
le froid, ça vous les noue
autant que ça conserve.
Pour aller aux toilettes,
là, ça devient loufoque,
je cherche la bébête
dessous mes peaux de phoque.
Dehors, certaines nuits,
j’avoue, ça m’épouvante
de sortir mon zizi
quand il fait moins quarante.
Tout me semble hostile,
même dans le besoin,
pour moi c’est difficile
d’aller au petit coin.
J’en ai marre, je tempête,
fait un froid de canard
et j’ai les cacahuètes
figées par le blizzard.
Mais
En rêvant tout bascule,
je pense dans ma tête :
‘’ ma femme a-t-elle un Jules
hibernant sous la couette , ‘’
Moi, en Terre Adélie
pour mission scientifique
pendant que dans mon lit
un saligaud l'astique.
Tout autant de questions
qui restent sans réponse,
cette supposition
reste un coup…de semonce.
Lorsque je pense à elle
en me gelant les burnes,
je m’demande quel brêle
s’occupe de son urne.
Mais je sens que je glisse
sur un autre terrain,
pardonne moi Alice
si je suis chaud lapin…
Un vulgaire pingouin,
malhabile manchot
dont le sot baratin
n’est rien que jeux de mots.
Ici dans ce récit,
j’ai planté le décor,
pourtant Terre Adélie
n’est pas au Pôle Nord.
Ami, tu peux penser
que je perds la boussole,
mais faut pas t’y fier
car souvent j’extraPôle.
Claude
Ancien poème
( Bon Anniversaire Ivy et merci à
Pierre de nous avoir rappelé cette date.
J'ai pensé qu'un peu d'humour serait un
cadeau pour toi Ivy.)
Si moi j'ai la '' descente '' facile, au moins, toi tu as la '' côte ''
auprès de nombreuses personnes ici.
Comme ça on se complète ! (rire )
Bises
https://www.youtube.com/watch?v=PC6vNgL4gz4
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