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Il m’arrive parfois de penser que je peux
Ecrire des vers comme nous en lisions à l’école.
Mais, quand même, faire des alexandrins je ne peux,
Compter les mots et syllabes, le moral m’étiole.
Tu pourrais sincèrement écrire des beaux vers,
Désolé, mais je ne suis pas Charles Baudelaire,
Alors vas-y, fait semblant d’écrire des vers beaux,
Non mais tu sais, je ne suis pas Victor Hugo.
Je veux écrire des vers entiers qui me ressemblent,
Des vers qui me chantent à l’oreille, comme mon parler.
Qui disent ce que je suis dans la vie, qui vont l’amble
Avec mon existence, mes envies, mes pensées.
D’accord, alors ait une écriture souple et fine,
Pas la peine, je ne suis toujours pas Lamartine.
Fais un effort, écris simplement, sans nul fard,
Alors là, tu veux peut-être que je sois Ronsard.
Moi ce que je veux, c’est écrire en liberté
Ne pas avoir de contrainte posée sur chaque vers
Si je suis triste, c’est tristesse et si je suis gai,
C’est gaieté, je boirais ma poésie, mes verres.
Comme tu veux, mais fait-nous des vers bien balancés,
Tu veux peut-être que je sois Stéphane Mallarmé.
J’ai compris, tu veux faire un mirliton en do.
Je préfère tout de même être Prévert ou Desnos.
Je m’en moque des grammairiens à tête grise
Qu’ils perdent leur latin, leur chinois, je veux une fête.
Ma poésie ressemblerait à une lettre,
Que personne ne lirait sauf à une grande méprise.
Il ne veut pas être lu, alors c’est le bouquet,
Je ne suis toujours pas Joachim Du Bellay
C’est bon je n’insiste plus, je te lève mon chapeau.
Et voilà, j’y suis peut-être : Rimbaud ou Queneau
Juillet 2017
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