|
La genèse de cette composition funambulesque
rencontre sa perception après la transcription
d’un merveilleux songe, qui vous transporte
vers un horizon imaginaire, où toute situation
s’avère praticable.
La période positionnant l’agissement ne relève
d’aucune influence, cependant le lieu de l’action
se positionne en bordure de forêt, où mon esprit
s’était compromis en quête d’une région paisible
pour me soustraire aux arias quotidiens.
Dans presque chaque illusion les fumées du
couvert embrassent les clartés de l’acuité, et
et l’émergence d’une frondaison broussailleuse
est si révélatrice, que tout écueil devient réalité.
Une utopie couverte d’une puissante carapace
peut ciseler, à travers une imperceptible trouée,
un huis en fer forgé, consumé par une corrosion
dévastatrice sur une bonne partie de sa superficie.
Dans nos démentielles chimères, nous sommes
tous d’audacieux combattants, nous saisissons
fougueusement toute notre intrépidité, et nous
métamorphosons en explorateur émérite à la
recherche d’un monde englouti.
Que les illustres et savants prospecteurs dorment
posément, car mon impulsion première s’arrête
à l’observation de l’univers, dont l’efficience et
l’ingéniosité sont seuls capables de confectionner
des végétaux adoptant les silhouettes des robes
duveteuses et des jupons satinés.
Nul ne peut décrire cet immense plaisir que le pied
éprouve, lorsqu’il sillonne ces divers escarpements
rocheux, où de somptueuses inflorescences si
odorantes et attrayantes exhibent à profusion des
coloris d’automne ou des teints estivaux.
Ce paradis coloré, maltraité par l’homme, présente
toute une infinité de quintessences, dont les
innombrables subtilités s’enchevêtrent en
d’arachnéens ballets dirigés par de capiteux
jasmins, aux tuniques jaunes ou blanches, et
des roses, souveraines florales.
Bien entendu, notre responsabilité est de protéger
cet Elysée bourgeonnant, qui ne peut persister sans
l’aide humaine et le secours des résurgences
aquifères, conjugaison nécessaire, non seulement
faste pour l’épanouissement de la vie, mais également
propice aux interférences clandestines.
En somme, l’eldorado vénusien, planète ardente
de la propension sensuelle, ne peut qu’être
représenté par des plantes herbacées souvent
messicoles, de nuances écarlates, telles que le
mouron, le coquelicot ou l’adonis.
---------------------------1-----------------------------------------
S’il vous arrivez de | dompter peur et hoquet,
Et que d’un doigt certain, | vous poussez ce loquet,
Pour vous transfigurer | en badaud indiscret,
Et suivre˽ une laie | à travers ce bosquet
D’ arbrisseaux recouverts | de beaux vertugadins,
De lilas délaissés, | ou de jasmins mutins, ¬
Votre pied franchira | ce ruisseau serpentin,
Pénétrera dans bois | cauteleux, ou rocailles
Pour vous promener vers | l’insolite jardin
Cerné de tout côté | par craquelures˽ et failles.
-------------------------------2-------------------------------------
Vous y percevrez les | sibyllins grondements
Des flots effervescents | et obscurs des torrents.
Vous y cultiverez | les soupirs des cascades,
Témoins affidés pour | idylles˽ et escapades.
Vous y rencontrerez | des vénustés zélées,
Nimbées de pétales, | de fleurs échevelées,
Enivrées par senteurs | et parfums de rosées,
Qui calmeront d’emblée | vos soucis, vos pensées.
En cet eldorado, | naissent plants variés,
Que tout herboriste | peut répertorier.
-----------------------3---------------------------------------------
Aimez cet adonis | au profil divisé.
Craignez cet aconit | mauve˽ et paniculé.
Moissonnez l’achillée | en pleine floraison,
Dont feuillage˽ attire | le charmant papillon.
Pleurez l’anémone | sylvestre condamnée
À subir les assauts | répétés de Borée.
Fixez cette˽ herbacée | assez ramifiée,
Qui répond au doux nom | d’ansérine˽ étalée.
Vous la respecterez | aux contours des fossés
Dans ruines, déblais, | ou extérieurs sarclés.
---------------------------4-----------------------------------------
Voyez cet importun | des fastueux fourrés,
Matant la nature | sans cœurs, sans pitiés,
Cet épineux chardon | infestant les marais,
Et maculant les sols | afin qu’ils soient mauvais.
Choyez ces frivoles | clochettes gantelées,
Et ces violettes, | plutôt pétiolées.
Chantez ce fringant et, | fol cytise velu,
Exemplaire˽ au fourreau | aplati ou poilu.
Écoutez ce rêveur | aux ouïes espacées,
S’entretenant avec | centaurées ou jacées.
----------------------------------------5----------------------------
Dans trous prédominants, | au sein des mousserons,
Fusent sociétés |de vilains moucherons.
Des cercles virulents | d’orgueilleux pucerons
Pillent les corolles | courbes des liserons.
Cet essor d’essences | de cachets tubulaires,
Ce balcon d’insectes | aux rites mercenaires,
Signifient que l’auteur | a pleinement œuvré.
D’ argumentations, | l’impie sera sevré,
Car en cet univers | imbu de vanité,
L’infiniment petit | a son utilité.
|