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François Duvalier [Papa Doc] (1907-1971)

le jeudi 14 février 2019, à 17:38. Posté par Michel Ernest


    François Duvalier [Papa Doc] (1907-1971)

    En mil neuf cent quatre-vingt-six
    Soit quinze années après sa mort
    Quand chuta "Baby Doc", son fils
    Les Haïtiens, le diable au corps

    Se jetèrent sur son cercueil
    Alors en décomposition
    Pour éloigner le mauvais œil
    Des Duvalier sur leur nation

    Voilà pourquoi je vous l'assure
    Ces gens là étaient des fripons
    Bien qu'il reste des têtes dures
    Qui croient qu'ils étaient des gens bons

    C'est en avril mil neuf cent-sept
    À Port-au-Prince, en Haïti
    Qu'apparait la petite tête
    Entre les rideaux de la vie

    Du fils de Duval Duvalier
    Et de Huritia Abraham
    Que François, ils ont prénommé
    Car ils ont la France en leur âme

    Le père est un peu journaliste
    Un peu juge, un peu professeur
    Et pour compléter cette liste
    François sera beaucoup docteur

    Aussi, après quinze ans d'école
    Et l'acquisition de son bac
    Duval Duvalier tient parole
    Et envoie son gosse à la fac

    Une fois son diplôme en poche
    Le nouveau docteur, mieux que Knock
    Soigne les vieillards et les mioches
    Qui le surnomment "Papa Doc"

    À la mairie de Port-au-Prince
    Se marie le jeune François
    Avec Simone, belle et mince
    Mais grosse au bout de quelques mois

    Lorsque naît le petit Jean-Claude
    [Qu'on appellera "Baby Doc"]
    D'étranges idées le taraudent
    Il devient comme on dit toc-toc

    Il affirme que les mulâtres
    Asservissent le peuple noir
    Et que ceux-ci doivent se battre
    Pour récupérer le pouvoir

    Lors, il se lance en politique
    Et comme il est très populaire
    Aux bons soins de la république
    On lui octroie un ministère

    Il était sur la trajectoire
    Pour être un jour le Président
    Quand soudain un nommé Magloire
    Renverse le gouvernement

    Pour Duvalier c'est la débâcle
    Il passe dans l'opposition
    Il lui faudrait un vrai miracle
    Pour retrouver telle occasion

    Loin de son job providentiel
    Pendant six ans du noir, il broie
    Quand l'élection présidentielle
    Le pousse à être candidat

    Auteur d'une sale campagne
    Prônant le racisme d'état
    À cinquante ans, Duvalier gagne
    Avec plus des deux-tiers des voix

    À peine installé, il abrège
    Le mandat des parlementaires
    Puis déclare l'état de siège
    À cause de blancs réfractaires

    Avec le chef de la police
    Un ancien compagnon de route
    Il crée une sombre milice
    Appelée les "Tontons Macoutes"

    Le bon "Papa Doc" de naguère
    Est devenu un dictateur
    Terrifiant le moindre adversaire
    Semant sur l'île la terreur

    Tandis que les Ricains débarquent
    À Cuba, sans trop d'illusions
    Duvalier, tel un fol monarque
    Réécrit la Constitution

    Ce qui lui permet en pratique
    Dès les nouvelles élections
    D'être le candidat unique
    Pour gagner sans opposition

    Quand manifestent les évêques
    Ils sont aussitôt expulsés
    Mais cela lui vaut aussi sec
    Par Rome d'être excommunié

    De Washington à la Barbade
    Du Brésil au Venezuela
    Il n'existe plus d'ambassade
    Sauf celle du Guatemala

    En mil neuf cent soixante-quatre
    Il se fait président à vie
    Pour ne pas avoir à se battre
    Dans un scrutin trop indécis

    Comme tous les tyrans du monde
    Il affiche partout sa tête
    Affublée de slogans immondes
    Sur les murs et dans les gazettes

    Son peuple mis sous l'éteignoir
    Il commence à chambouler tout
    Prône un nationalisme noir
    Et ranime l'esprit vaudou

    Accoutré tel un croque-mort
    Comme le "Baron Samedi"
    Il dit avoir jeté un sort
    Pour faire mourir Kennedy

    En mil neuf cent soixante-dix
    Rattrapé par la maladie
    Il impose son propre fils
    Pour poursuivre sa tyrannie

    Peu de temps après, il succombe
    Âgé de soixante-quatre ans
    Croyant trouver paisible tombe
    Mais c'est un enfer qui l'attend

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