|
On me dit qu’il faut définitivement tourner la page
Mais je revois encore et toujours cette image
Tu étais allongé, décharné, sur ton trop grand lit
Je ne comprenais pas que tu allais quitter cette vie.
Tu psalmodiais : un, deux, trois, quatre, cinq, six,
Hurlait : allez, comptez avec moi, sept, huit, neuf, dix.
Coincé dans mon coin, j’ai poussé un cri étouffé,
Je n’aurais pas dû être là, c’était interdit, à t’écouter
Et j’ai reçu, de ma tante, une magistrale baigne.
Je ne sais pas pourquoi mon nez saigne,
Il n’a pas du résister au coin de l’armoire,
Moi j’étais là simplement pour te voir.
Attrapé par mon pull, on m’a fait vite fait déguerpir,
Pour que je ne te vois plus jamais souffrir.
Je n’allais, d’ailleurs, plus jamais te revoir,
J’étais trop jeune, disaient-ils tous, pour savoir.
Ce que je sais aujourd’hui,
C’est que tu as marqué toute ma vie,
Mais je ne t’en veux pas, mon Père,
Car tu étais allé rejoindre ma Mère.
Avril 2016
|