|
A Georgette et Jean Pottiez mes amis +
Un soir que j'allais, pleurant sous la pluie
Le bel amour mort de mon coeur d'enfant,
Oisillon tombé de l'âme meurtrie,
Ce premier amour qui nous sacre grands, *
J'ai pensé : "Mon Dieu la vie est amère.
En voyant le mal qui règne sur terre,
Vous devez là-haut avoir tant de peine
Que vos lourds sanglots font une fontaine.
Et c'est pour cela qu'on voit le ciel noir
Déverser ses eaux comme un arrosoir".
Mais à l'orient, dans le ciel immense,
Brilla l'arc-en-ciel, signe d'espérance.
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris
La voix qui venait, douce, du vent gris,
Mais résonne encor, tout au fond de moi
Un écho qui monte ainsi qu'un poème
Quand l'ombre et le temps mêlent leurs émois.
Et distinctement j'entends ce mot : "Aime !"
C'est depuis ce jour que je vais, disant
L'espoir à la peine et l'amour au vent.
* Ce vers est de la regrettée Andrée Bourçois-Macé.
"petits écrits de NUIT" Tome 1 "Les nuits d'automne"
|