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Promenade.
Le soleil se lève sur la ville de mon âme, baignant de sa chaleur, tous les coins de Paname.
Un petit vent léger, vous passe dans le dos.
La morsure des rayons, mordille votre peau.
Un temps pour l’oisiveté, le flegme la flânerie.
Pouvoir surtout déambuler et trouver le répit.
Aux allées ombragées, du jardin des Tuileries, paradent les chevaux des gardes républicains. La maréchaussée trotte, distinguée et majestueuse, entre les deux bassins aux fontaines joyeuses.
Ils posent pour les photos, avec leur courtoisie, en se laissant distraire par les paparazzis, au gré des nombreux sourires des touristes curieux ainsi que des cris de tous ces enfants, ébahis et joyeux.
Une grappe de gitanes vous attrape par le bras. En échange d’une pièce, elles prédisent chaque destin. Ces tziganes, turbulentes, vous prédisent la fortune, chassent vos tracas, vous promettent la lune, effleurant un instant la paume de vos mains.
Elles vous réservent le sort des pigeons parisiens, pareils à tous ceux qui roucoulent à vos pieds, se secouant les plumes au milieu des graviers, se perchant sur la tête des nombreuses statues, les unes blanches et nues et les autres, souillées par endroits, d’une fiente dégoulinante, verte et crue.
Le long des grilles pointues, la fête bat son plein.
La foule s’agglutine autour des fabuleux forains, qui, d’une formule magique, en fiers baladins, transforment en défi toutes les attractions : les chaises volantes suspendues par des chaînes, la grande roue dominante du Louvre au Sacré Cœur, la rivière intrépide qui s’achève en cascade, l’éternel train fantôme du palais des horreurs. Sensations garanties du plus petit au plus grand. Et, pour se consoler des vilaines frayeurs : la pomme rouge d’amour au nappage sucré, la barbe rose à papa aux poils cotonneux, le bâton arc-en-ciel de guimauve entortillé, la crêpe chaude Suzette au chocolat fondu.
Les souvenirs d’enfance, enfouis à l’intérieur, taquinent votre ardeur des manèges aux douceurs.
Partout, des promeneurs, fatigués de marcher, s’affaissent, engourdis, sur des bancs de pierre, ou s’écrasent, éreintés, au fond des chaises en fer.
Egrenant les secondes, comme des épis de blé, ils savourent chaque minute du repos du guerrier, dont l’unique victoire est à n’en pas douter, d’avoir tenu pour rien, jusqu’au soleil couchant, en attendant la fin de cette douce journée, pour quitter tranquillement ce jardin enchanteur.
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