|
Un oasis de silence.
Au cœur d’une vie, pleine de bruit et de fureur, se trouve un endroit, pour y déposer son humeur.
L’être humain ou la ville trouvent soudain l’apaisement, au sein d’un recoin intérieur, pour soulager les tourments.
Le temps s’arrête, dans ce lieu paisible et nostalgique. Au jardin du Palais Royal, le bien-être est magnétique.
Semez vos soucis en déambulant sous les arcades.
Un refuge idéal quand l’air est chagrin et maussade.
Enseignes désuètes, jolis cafés et petites boutiques, des abris où vagabondent les esprits mélancoliques.
Abandonnez vos ennuis aux ombrages des tilleuls, ce chapeau de verdure qui protège les âmes seules.
Asseyez-vous tranquillement au pied du bassin, en écoutant les clapotis des jets d’eau sans fin.
Des massifs de fleurs touffus, odorants, colorés et des haies de fraîcheur vertes, piquantes, taillées, dessinent des alcôves romantiques et discrètes, refuges pour couples soupirant et contant fleurette, sur des bancs incurvés, enlacés pour une amourette.
Ces douces courtisanes que les caresses émiettent.
Dans sa cour d’honneur, les colonnes de Buren, ces cylindres zébrés qui s’alignent et surprennent.
Un brin de modernité et d’art contemporain qui se joue du classicisme de notre noble écrin.
Cet oasis de silence et de douce coquetterie a connu l’agitation en plus de la galanterie.
Les orateurs, hissés sur les tables des cafés, haranguaient la foule et clamaient forts leurs idées.
Ils incitaient les promeneurs, un peu interloqués, à suivre les meneurs pour réclamer plus d’égalité.
Des femmes partirent d’ici jusqu’à Versailles, pour sceller leur destin, au prix de la mitraille.
La famille royale, ramenée sous bonne escorte, est condamnée à mort, de l’infamie qu’on colporte.
Ce foyer de passion et de révolution, a renoncé l’apanage de cette tradition.
Les paroles d’insurrection qui mène à la révolte, sont devenues un murmure de propos désinvoltes.
Il reste dans ce décor la grâce et le silence, un oasis qui vous éloigne des zones de turbulence.
Pour retrouver la force et réveiller la joie ; affronter les doutes, les peurs et vos émois, en puisant l’énergie qui suinte de partout, pour retourner dehors, avec moins de dégoût.
Aux détours des chemins, sombres ou chaotiques, survit donc ce jardin aux idylles et charmes bucoliques.
|