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https://youtu.be/NPmKVE5KdY8
« Loi d’amour »
L’autre jour, en ma pesante solitude,
En mon cœur je pensais fortement,
À ma dame dont changeait l’attitude,
Afin, d’elle, me tenir en éloignement.
Apparut alors, lui aussi cheminant,
Gentil damoiseau, beau et souriant,
Qui, de sa tête, enleva son chapeau,
Me saluant ainsi bien trop poliment.
Il me dit :
« Messire je vous vois là en souci !
Est-ce d’être tout seul à cheminer
Qui vous pèse à en payer ce prix ?
Puis-je de cette peine vous apaiser ?»
À quoi je lui répondis :
« Non point charmant promeneur,
Le souci qui étreint mes pensées,
N’est Point celui de seul marcher,
Mais celui d’un prochain malheur. »
Alors il me dit :
« Alors messire, pour trouver la joie,
Allons, tous deux, en ce joli château,
Que vous voyez perché tout là-haut,
Où Dame aimante, n’attend que moi »
Vous y verrez moult danses frivoles !
Vous y ouïrez mille airs de violes !
Vous y boirez doucereuses liqueurs,
Pendant que je taquinerai, de l’hôtesse, le cœur !
À ce moment, je perçois le pourquoi
Ma dame, se tenait bien loin de moi.
Ce drôle de freluquet au joli minois,
En était, le réel fondement sournois.
Je l’entendis murmurer « pourquoi ?»
Lorsque mon épée folle de douleur,
Lui traversa, de sa froide lame, le cœur.
Ainsi était, en ce temps-là, de l’amour, la loi !
Johan (JR.).
Illustration : Photo du château de Puivert dit « château des troubadours »
Sise dans l’Aude entre Nébias et Bélesta.
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