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Boulevard coquin.

le dimanche 17 mars 2019, à 20:53. Posté par Pascal


Boulevard coquin.

De Rochechouart à Clichy s’étale un long boulevard qui traque les envies ou les vices, au fil des trottoirs.
Même les fourmis dociles se transforment en cigales en arpentant les rues captives du quartier de Pigalle. En haut de la Butte, le sacré cœur et rites religieux ; en contrebas, haut les cœurs et des lieux licencieux.
Le vendeur marchande à la sauvette, jeux de mains ; le joueur de boneto piège le gogo, jeux de vilains.
Lui propose des lunettes, sous le manteau en coton ; l’autre, un pari clandestin sur une caisse en carton.
Pour presque rien on vend des montres, des bijoux, tours de cartes ou gobelets, en misant perdre tout.
D’abord, des complices rabattent la naïve piétaille.
Ensuite, la police disperse ces furtives canailles.
Chacun connaît les règles, devenues immuables, répétant tous les jours ce cache-cache coupable.
Mais, cela reste marginal, car l’Anvers du décor, c’est une rue commerciale, populaire d’abord.
Dans les boutiques les mains fouillent dans les bacs, fripes bon marché sacs chaussures fringues en vrac.
La mode à petit prix, prêt-à-porter mannequin.
S’habiller bien et aussi pas cher en négociant malin, et conclure la belle affaire sans passer pour un radin.
Au-delà du Divan, en dépassant la rue des Martyrs, vous exposez vos sens aux démons du désir.
Des espaces de folies aux musiques électroniques, des discothèques branchées et des cabarets chics,
Stimulent l’impatience, excitent vos nuits Blanche.
Au Moulin Rouge, les Doriss girls se déhanchent.
Le nu et l’érotisme laissent les coudées franches.
Derrière les rideaux rouges, le sexe est bichonné : guêpières corsets strings bikini robes satinées,
Gadgets porno sex-toys poppers aphrodisiaques, univers érotique peep-show fantasmes frasques.
Hétéros, homos, fétichistes, couples libertins, Pigalle est terre d’accueil de l'amour clandestin.
Ce boulevard coquin, pour des chattes en chaleur, est la souricière cochonne pour timides et voyeurs.
Mais, après tout ce chemin, irez-vous jusqu’au bout, en franchissant l’unique entrée des cabarets tabous.
Vous lèverez votre verre en charmante compagnie, pour, avec concupiscence, vous ouvrir l’appétit.
Mais n’allez pas confondre vitesse et précipitation, car une fois à l’intérieur c’est vraiment le tourbillon, où vous entraînent les hôtesses, sans modération.
Si elles donnent en attentions galantes et enivrantes, elles reprennent en pièces sonnantes et trébuchantes.
Vous avez pénétré les bourses pleines et l’œil avide, en ressortant rincé, sans peine et les poches vides. Et ses temples des plaisirs, ne laissent aucun regret, du Paname dévergondé qui garde tous vos secrets.

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le dimanche 17 mars 2019, à 21:52
Bonsoir Pascal, un autre aspect de Paris bien différent des jardins Parisien. *sourire* Un endroit pourtant bien touristique connu à travers le monde. Tu as su très bien le décrire. Que puis-je dire de plus.... Pour certaines raisons ce poème me touche. Voilà du coup je ne sais plus trop quoi ajouter. Merci pour ce partage avec tes mots toujours d'une grande franchise et qui dit les choses telles qu'elles sont.
Belle soirée cher Poète
Amitié poétique
Debbie

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