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Les joueurs d'échecs.

le jeudi 21 mars 2019, à 18:10. Posté par Pascal


Les joueurs d’échecs.

Dans un jardin fameux et pittoresque de Paris,
chaque jour se dessine le portrait de génies.
Discrets, mais visibles en dépassant le Sénat,
ils dressent les échiquiers de respectables combats.
Leurs doigts agiles, souples et fermes à la fois,
rangent chaque pièce, sur les cases du damier.
Vous pouvez vous asseoir et les regarder faire,
surtout ne bougez pas et tâchez de vous taire.
Car, si ces joueurs cultivent les bonnes manières,
ils s’agacent du bruit et de vos commentaires.
Un joueur ose parfois user de calembours,
en troublant le calme du jardin du Luxembourg.
Il agace l’adversaire qui le trouve un peu lourd.
Malgré leur habileté, ils ne sont pas flambeurs.
Avec dextérité ils jouent les coups par cœur.
Ils poussent en un éclair les pions de l’ouverture.
Deux cavaliers se ruent aussi dans l’aventure,
pour contrôler le centre avec désinvolture.
Surveiller, sans répit, la diagonale des fous.
Roquer avec une tour, le roi encore debout.
Commander à la reine son renfort, son courroux.
Au prix de sacrifices réussir les captures,
en protégeant les ailes d’une déconfiture.
Emballer la partie, en tentant de conclure.
Retarder l’abandon, par la liquidation,
tout en forçant le gain pour réduire la pression.
Nos deux cerveaux récitent les parades apprises,
anticipent les attaques et dénouent chaque crise.
L’un et l’autre répondent au gré des habitudes,
aux estocades vaines, empreintes d’incertitudes.
La bataille est rythmée aux aiguilles d’une pendule,
seul moyen, pour pallier, l’excuse du match nul.
La cadence s’accélère pour nos deux automates,
avec des gestes plus vifs, des mesures adéquates.
Le roi blanc, isolé, dans une posture ingrate,
en guise de clôture, tente de se mettre pat.
Mais, aidée de son fou, en réponse immédiate,
soudain la reine noire, proclame échec et mat.
Cette joute amicale, aux actions méritoires,
conjure une fois de plus le sort aléatoire,
par une conclusion sur le fil du rasoir,
donnant à la défaite un côté dérisoire.
Un dernier mot d’esprit, en chute à cette histoire :
avec eux, les échecs, subliment la victoire !

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le jeudi 21 mars 2019, à 19:01
Bonjour Pascal, ah ça me rappelle des souvenirs les échecs. C’est le cas pour les deux formes *sourire* Mais le jeu j’y ai joué une fois et j’avais bien aimé. J’ai dû faire deux ou trois parties que j’avais perdu bien sur. Mais j’avais trouvé ça sympa, et je crois qu’il faut beaucoup jouer pour devenir un champion.
Et toi tu nous emmènes voir une partie d’échec dans les jardins du Luxembourg. Déjà ce jardin me rappelle la chanson de Joe Dassin. Que j’aime beaucoup ! Avec ton poème j’ai eu l’impression d’être spectatrice d’une partie d’échec et j’ai beaucoup aimé ! Je suis toujours étonnée par les sujets divers que tu choisis pour tes poésies ! C’est très original ! Quelle inspiration ! j’adore la fin avec les échecs qui sublime la victoire. Oui c’est bien que dans ce seul cas précis qu’on le dit *sourire*
Merci pour ce beau partage que j’ai adoré !
Belle soirée cher Poète
Avec toute mon Amitié
Debbie

luckraf le jeudi 21 mars 2019, à 22:14
Bonsoir Pascal,
Une leçon d'échec poétique! J'adore, génial! Je m'interroge sur la lumière du tableau, les bruits, l'atmosphère olfactive ou bien les joueurs sont trop concentrés pour penser à cela.
Amitiés
Luckraf


henridurtal le vendredi 22 mars 2019, à 09:11
Je sors d’une partie d’échecs (perdue hier soir, au temps écoulé!)
Et j’ai donc particulièrement apprécié votre description. Félicitations: vous avez bien “maté” les joueurs et le poème est loin d’être un échec!

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