JARDIN DE LUNE

 

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Paris en rêvant

le lundi 01 avril 2019, à 08:06. Posté par Philip de Berg


    La lune s’attristait.
    Moi, je m’enivrais savamment de son parfum de tristesse…..
    (Stéphane Mallarmé)

    Aux larmes repenties que pleure l’horizon,
    Quand les cieux déversent, en aveugle ennemi,
    Ses cargaisons de pluie, ses serments à foison,
    Je réponds en rêvant, mon cœur s’est endormi.

    Et toi tu m’espères, en priant aux grands vents
    Quand le soir s’affaisse pour rejoindre la nuit,
    Dans ces rues si froides où nous marchions souvent,
    Moi je cours à grand pas, t’offrant mon désennuie

    Apollinaire est mort, un matin de novembre,
    Les vieux ponts sont en deuil, ils gémissent au Levant,
    Tandis que les remords couchés sous la cendre,
    Au poète oublié, tissent un chant énervant.

    J’ai choisi le partage en ce soir caressant,
    Pour égayer ton nid du souvenir de Rois,
    Qui de leurs plumes d’Or, de mots assourdissants,
    Abreuvent nos espoirs, apaisent nos effrois.

    Je me souviens de nous, un jour pas si lointain,
    Quand nous marchions transis dans la ville enfiévrée;
    La place Vendôme, sa colonne d’airain,
    Ecoutait nos serments, nos rires délurés.

    Apollinaire est mort en laissant aux frimas,
    Le soin d’une oraison pour mieux se consoler,
    Pour toi c’est ma chanson, comme un bien noble appât,
    Que je veux te dédier pour mieux te consoler.

    Les complaintes d’hiver ne sont pas réveillées
    Sur ce Paris pluvieux grognant en cadence,
    Sur les pavés glissants des rues ensommeillées,
    Trainent en maugréant, lambeaux de silence.

    Quand tu te lèveras dans le matin blafard,
    En lisant tous ces mots que je t’aurai écrits,
    La chanson des faubourgs se perdra au hasard
    Pour laisser mes serments devenir ton abri/

    Apollinaire est mort sous le pont Mirabeau,
    Quand le vent nocturne distillait ses adieux.
    Demain mon audace viendra au jour nouveau
    En habits rutilants, chanter de doux aveux.

    La lune s’apaisait,
    Et moi, le cœur en paix, je priais savamment en écoutant le ciel…..

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
debbie le lundi 01 avril 2019, à 09:17
Bonjour Philip, ton poème nous plonge dans un Paris mélancolique, j'adore. Des vers comme une chanson fredonnée sous la pluie. Tes vers sont d'une grande douceur. Comme un abri de mots contre la pluie qui tombe sur la ville et qui tombe aussi dans le coeur. Vraiment superbe ce poème comme des instants de vie mit en musique au rythme des beaux jours et aussi des moins beaux, car la vie, n'est pas faite que de beau tout le temps. Dans ce poème j'y vois un peu de tout cela avec tout pleins d'émotions qui passent au travers les vers ! Donc tes vers nous emportent dans cette émotion et nous fait ressentir le spleen des rues de Paris. Je m'y suis imaginé me baladant sous la pluie. Et à la fin s'arrête la pluie pour faire place à la lune qui apaise.
Merci de ce superbe partage !
Très belle journée Philip.
Amitié
Debbie


scorpionne le lundi 01 avril 2019, à 12:45
Bonjour Philip,
Une balade, aux allures mélancoliques, à travers un Paris pluvieux.
J'ai particulièrement apprécié :
"Apollinaire est mort en laissant aux frimas,
Le soin d’une oraison pour mieux se consoler,
Pour toi c’est ma chanson, comme un bien noble appât,
Que je veux te dédier pour mieux te consoler."
Passe un agréable lundi, bien cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne

mariepaule le lundi 01 avril 2019, à 12:50
Coucou Philip

Tes ves sont prenant et très très beaux, que je t'avoue que je ne sais quoi dire, tellement j'adore: l'émotion qui la sensibilité qui règnent en tes vers..
Magnifique...

Bisous de mon havre de paix
OM
Marie

La Mouche Nounouche le lundi 01 avril 2019, à 17:15
Bonne et belle idée de nous remémorer Apollinaire. " Sous le pont Mirabeau coule la Seine.. . ." et nous on voit la scène, j'entends la pluie de Nougarro (il lui faut bien 2 R ) jouer des claquettes et ton spleen joli me transit. . . Agréable moment à te lire.
Amitiés Yves

Philip (Jardin de Lune) le lundi 01 avril 2019, à 18:45
Pour DEBBIE :
Bonsoir, Debbie. Merci d'avoir aimé cette poésie.
J'ai cité Mallarmé, mais Apollinaire avait plus cet attachement , mêlé de spleen pour ce Paris mélancolique que j'ai un peu décrit.
C'est pour cela que je cite le poète à la fin de mon écrit.
Il y a un mélange entre spleen (blues poétique) et mélancolie, teintée de plus de douceur.
Bonne soirée.
Philip

Pour JOCELYNE :
Bonsoir Jocelyne. Eh, bien toi aussi tu semble avoir été sensible à la mélancolie de ces vers. Et le décor est pluvieux. Rien à voir avec le Paris ensoleillé de ces jours présents.
Effet, au dernier quatrain (le plus sympa ?) j'ai fait un clin d'œil/dédicace à Apollinaire et à son poème célèbre qui commence par "sous le pont Mirabeau…"
Très amicalement. Philip

Pour MARIE :
Coucou, Marie. Tu sais, les mots parfois on moins d'importance. L'émotion poétique est au niveau du ressenti. Ici, je ne dirai pas que mon poème est émouvant, mais, en effet, plutôt sensible. Gros bisous et bonne soirée, Marie. Philip

Pour YVES (La Mouche) :
Bonsoir Yves.
Ah, tu as pointé l'essentiel dans ton sympathique commentaire : le spleen (ou la mélancolie ainsi que l'ont préféré les autres ami(e)s. Puis la référence à Apolllinaire, incontournable.
Et enfin, un petit clin d'œil au grand Nougarrrrrro !
Merci d'avoir aimé. Amitiés, Yves.
Philip.

debbie le mardi 02 avril 2019, à 11:04
Coucou à nouveau Philip, en réponse à ton commentaire fais à Jocelyne, pour moi, je rajouterais que mon meilleur quatrain c'est celui ci;
"Quand tu te lèveras dans le matin blafard,
En lisant tous ces mots que je t’aurai écrits,
La chanson des faubourgs se perdra au hasard
Pour laisser mes serments devenir ton abri"
Très mélodieux ce quatrain j'aime beaucoup !
Belle journée
Amitié
Debbie

Philip(Jardin de Lune) le mardi 02 avril 2019, à 12:50
Pour DEBBIE :
Merci pour ton choix personnel.
Amitiés et belle journée. Philip

soilon le mercredi 03 avril 2019, à 11:23
Bonjour Philip,
Ce poème est à tomber !
Quelle force et quelle maîtrise technique aussi… un grand bravo à toi.
Je t'ai suivi dans les rues de Paris, dans le creux de tes pas, dans le spleen de ta voix que l'écho des poètes dont tu parles me renvoie…
J'ai vraiment beaucoup aimé cette poésie et t'en remercie sincèrement.
Mes amitiés.

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 04 avril 2019, à 10:47
Pour SOILON :
Cher Soilon, n'en rajoute pas ! (sourire)
En fait, quand tu n'étais pas encore su le site, je disais souvent aux ami(e)s qui me complimentaient sur certains poèmes en particulier, que j'ai une telle passion et parfois une très bonne connaissance de nos grands poète que - et c'est aussi la déformation professionnelle d'un juriste pour qui l'écriture et les exercices de styles sont essentiels - que je peux sans trop de difficultés, "bricoler" des poèmes "à la manière de…."
Là, l'occasion était trop belle pour faire un poème comme Apollinaire aimait chanter Paris.
Merci infiniment.
Toutes mes sincères amitiés. Philip.

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