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Le maître de violon
Théâtre d’ombre dont le papier luit
Hautes fenêtres projetées dans la nuit
Deux silhouettes s’animent et dansent
Le pupitre central autour d’un silence
Sol ré la mi le rituel commence
L’élève à l’art chétif tente sa chance
En écho le maître décortique, détaille
Détecte la faille
Les couacs, les crissements s’amenuisent
Les gestes s’affinent, se précisent
Il ne lâche pas la progression
La pulsation de la leçon
Par vagues successives, encouragements et exigences
L’élève hésite en confiance
Le professeur au regard d’acier
Toujours attentif à la cadence
Alors debout il s’assied
S’éloigne, sort du champ
Se rapproche sur un chant
Trouver la bonne distance
Le rêve de l’élève qui relance
Une clownerie de pantin
Puis raide comme un piquet
Il parle avec les mains
Démontre avec doigté
Avec son violon châtaigne trentenaire
L’élève progresse, le morceau prend vie
On en sent la chair
Dans l’effort il sourit
Et dépose la mélodie dans son écrin
Tel le bijoutier son collier de notes
La portée s’étire et dans l’air flotte
Sur un rayon argenté de lune ronde
Comme le reflet d’une onde
Puis s’en va sous le porche
Des doubles croches dans les poches.
Le Poète démasqué
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