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La Révélation des âmes.
La révélation des âmes, c’est énoncer ma compréhension et donner mon sentiment sur les considérations métaphysiques qui sous-tendent nos pensées.
Mon propos ne se veut pas polémique. Je n’engage pas une controverse. Je délivre mon intime conviction.
De la création au chaos, nombreuses sont les interrogations concernant le Royaume des cieux ou le Monde des ténèbres, l’existence des anges et des démons, la manifestation de l’Esprit Saint ou du Malin, la signification du Bien et du Mal.
Ainsi, l’être vient au monde. C’est une naissance, un surgissement, une apparition. Hélas, il quitte le monde. C’est une dégénérescence, un anéantissement, une disparition. Avec, entre les deux, une séquence existentielle qui paraît bien courte et dérisoire.
Les notions de vie et de mort s’incarnent dans ce début et cette fin, entrecoupés d’une insignifiante matérialisation. Ce tout et ce rien sont à l’origine de la bipolarisation de nos perceptions.
Ils mettent en évidence les contraires non seulement dans leur opposition mais aussi par leur complémentarité : le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité, l’amour et la haine, la peur et le courage, le chaud et le froid, le plein et le vide, le visible et l’invisible, le bon et le mauvais, la joie et la tristesse, la connaissance et l’ignorance, l’infiniment grand et l’infiniment petit.
D’évidence, la nature incommensurable de l’Univers et les nombreux éléments qui en attestent la complexité m’incite à dépasser la vision réductrice et provisoire de l’apparence humaine à travers le corps.
Je devine la présence d’entités en mouvement perpétuel, planant dans la densité de l’espace, repoussant les limites du temps, concentrant des forces énergétiques, évoluant aux confins du mystère et du surnaturel. Je les nomme par commodité et familiarité : les âmes.
Elles viennent de partout mais elles arrivent de nulle part. Elles sont envahissantes, insaisissables et incontrôlables. Elles sont le bon génie ou la mauvaise conscience. Elles s’engouffrent dans les entrailles de la profondeur des océans. Elles illuminent le firmament de la voûte céleste. Elles sont le calme qui précède la tempête. Elles sont le grondement et la colère des volcans. Elles sont le bruissement des feuilles dans la forêt. Elles sont les eaux calmes des rivières ou tumultueuses des torrents. Elles sont les rêves qui apaisent ou les cauchemars qui agitent. Elles sont le silence du désert et les chants des oiseaux. Elles sont un sourire radieux ou la panique dans les yeux. Elles entrent et elles sortent sans crier gare. Elles se rassemblent, s’entassent, se chevauchent, se mélangent, s’attirent, se divisent, entrent en fusion, se repoussent, s’absorbent. Elles sont la peur du vide ou l’ivresse du vertige. Elles sont l’extase du Paradis et l’angoisse de l’Enfer. Elles sont le souffle de la liberté ou l’oppression de la servitude. Elles sont la férocité de l’animal sauvage qui dévore sa proie. Elles sont la fragilité de l’enfant innocent qu’on assassine. Elles sont la fureur de l’orage ou la douceur de l’arc-en-ciel. Elles sont la faiblesse du ressentiment et la force des émotions. Elles sont le pouvoir de nuisance de la bête immonde ou la soif de justice du chevalier courageux. Elles sont la dureté d’un homme en colère et la tendresse d’une femme amoureuse. Elles sont la cruauté des sortilèges des funestes sorcières ou la beauté des prédictions des fées bienveillantes. Elles sont le fruit de la discorde et la sève de la miséricorde. Elles sont la chaleur du soleil qui révèle la vérité ou la froideur de la lune qui cache les secrets. Elles sont la bonté de Dieu et la beauté du Diable.
Alors, il faut apprendre à sentir leur présence, à accepter leurs effets et à deviner leurs intentions.
Bien sûr, je ne réfute pas les démonstrations scientifiques. En l’état, je n’ignore pas les interprétations spirituelles. Pour autant, je réagis aux impressions curieuses, aux sensations troublantes et aux phénomènes paranormaux.
Ainsi, nous sommes cernés par les âmes. Elles sont hors du temps et immatérielles. Elles sont la résurgence du passé, la source du présent et la mémoire du futur. Elles sont en deçà du début et au-delà de la fin. Elles sont l’intériorisation du dehors et l’externalité du dedans. Elles sont l’objectivité de l’inconscient et la subjectivité du conscient.
Belles âmes ou âmes maudites, elles sont notre présence au monde, nos connexions à l’univers et notre espérance d’éternité.
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