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L'escalier des nuages
m'a conduit
parmi vous.
Devant la barrière, le jet d'eau
les roseaux
la pluie douce et tranquille
l'herbe parfumée
la petite allée d'églantine.
Lui, il est de l'autre côté
où saigne le désert
où poussent les cactus
où le ciel toujours bleu
immuablement le garde dans son voile.
Il avance un peu à la fois
au long de la barrière sans fin.
Je lui ai tendu la main,
et nous avons ainsi marché
chacun de notre côté
quelquefois, il venait ici, j'allais là,
nous brûlions le même encens et
l'air du soir nous disait ses secrets.
Nous contemplions les étoiles
et apprenions par cœur leur nom.
Aujourd'hui encore ; mais la cité a ouvert ses portes
Nous nous y sommes engouffrés.
La route a fait fi du désert.
Elle est partie voir la Terre.
Elle a semé des aurores
et fait pousser des arbres
dans le cœur des Hommes.
Elle a planté des graines
de joie
pour que tous voient
entendent
parlent
de ce grand souffle
qui n'en finira pas.
Tu es né il y a si lontemps
embryon dans mon cœur
qui ne périra pas.
(Un jour, la Vie) 
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