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Le ciel a pleuré sur la terre.
Les monts en semblent tout fondus.
Et la terre, étonnée, est mère,
Compte ses enfants inconnus.
Heureux encor que la maison
Ne soit pas transformée en arche.
Il faut se faire une raison :
Seul l'escalier compte ses marches
Les ruisseaux font les importants.
Les fleurs se sauvent à la nage.
Et toi, Douce, pendant ce temps,
Tu gardes notre amour en cage.
S'il neigeait des poissons demain,
Toi, tu resterais là, tranquille,
Regardant les nouveaux marins
S'embarquer pour pêcher sur l'Ille *
L'Ille, qui va s'unir au ciel,
A caché la terre sous elle,
Étend ses eaux, argent et miel,
Aux peupliers qu'elle dentelle.
J'ai cru voir le clocher tanguer,
Tremblant sous un rideau de pluie,
Oui, tout semble se dérober.
L'eau monte, monte et je m'ennuie.
Et l'horizon vacille, gris,
Sur cette mer faussement sage.
Et toi qui toujours me souris
En contemplant mon coeur en cage.
* L'Ille la rivière qui passe à Betton (35) où j'habitais alors
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