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Mes poèmes - Moi

 

Les pierres(dédié à une vieille église détruite)

le dimanche 21 avril 2019, à 17:03. Posté par Claude


    Les pierres

    I ( Dédié à une vieille église détruite qui pour
    moi a plus de valeur que Notre Dame de Paris )


    Citadelles de nos vestiges
    Tournant la clé de leurs secrets,
    Dans le silence qui les fige,
    Les pierres se sont emmurées.

    Depuis des siècles qu’elles cloisonnent
    Nos peurs et nos lamentations,
    Entre leurs murs , la vie résonne
    De leur écho en perdition.

    Elles ont fissuré les âges
    Sans que l’oubli n’ai lézardé
    Les si fragiles témoignages
    Que le temps a élaboré.

    Ce temps qui a brisé l’armure
    De ces vestiges sans abris
    Où herbes folles, pans de verdure
    Embellissent leur agonie.

    Pierres Gothiques, pierres Romanes
    De cathédrales ou d’abbayes
    Détruites par des mains profanes
    Ou par le feu d’un incendie.

    Sous le silence de leur voûte,
    J’entends prières et pardons,
    Et même si de Dieu je doute,
    Je ne leur fait aucun affront.

    Pierres défuntes, pierres tombales,
    Dernier toit abritant les morts,
    Combien de vivants sur ces dalles
    Viendront déposer leurs remords.

    Parfois dolmens, parfois statues,
    Issues de légendes opaques,
    Leur mystère aura survécu
    Quelque part sur l’Ile de Pâques.

    Certaines sont plus solitaires,
    Abandonnées, inconsolables,
    Fortins oubliés du désert,
    Pour devenir des grains de sable.

    D’autres mystiques, philosophales,
    Extraites de vies transmutées
    Cherchent dans l’alchimie opale
    La quête d’une éternité.

    Pierres précieuses, de parure,
    Simples bijoux de fantaisie,
    Le reflet de leurs ciselures
    A les facettes d’un rubis.

    Pour mieux exhiber leur beauté,
    Elles se pendent à un coup,
    En améthystes abhorrées
    Jalouses d’un simple caillou.

    Pierres rebelles, pierres de fronde,
    Vous êtes bien ces messagères
    Posées sur la laideur d’un monde
    Dont la beauté n’est que précaire.

    Pierres révoltes, d’ Intifada,
    Lapidant les années de guerre,
    Teintées de ce rouge grenat
    A force de meurtrir les chairs.

    Pierres brisées et mutilées
    Par notre folie destructrice
    Seule la mousse peut masquer
    Le béant de vos cicatrices.

    II


    Les pierres dans leur sérénité
    N’ont pas besoin de fondation
    Pour qu’on découvre émerveillé
    Leur véritable dimension.

    Leur froideur parfois déconcerte,
    On n’en devine leur splendeur
    Qu’au moment où ces blocs inertes
    Sont façonnés par un sculpteur.

    Après des années de façade,
    Cachant si bien leur décrépit,
    Si notre présent les dégrade,
    Leur passé nous laisse en sursis.


    Leur peau, leur teint de diaphane
    Se fait buriner par le vent,
    Et l’hiver souvent les condamne
    Quand par grand froid, le gel les fend.

    Devant leurs plaies, que sont nos rides
    Gravées par la pointe des ans ?
    Nos pauvres vies sont insipides
    Et manquent de tout fondement.

    Les siècles en ont forgé l’Histoire,
    Toujours debout ou effondrées,
    En restaurant notre mémoire,
    Elles cimentent le passé.

    Ne cherchez pas dans les bas-fonds,
    Où l’homme bâtit ses mystères….
    L’amour s’écrit sur les frontons
    Des cœurs qui ne sont pas de pierre.


    Claude le 21 Avril 2019
    ( ancien poème retravaillé )
    ( comme la pierre )

    https://www.youtube.com/watch?v=B1JWbalA8sE

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