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Le crépuscule de l'Homme (repost)

le mercredi 24 avril 2019, à 07:40. Posté par Philip de Berg


L’Humanité sommeille entre ses murs noircis,
Au détour des remords que croise le Destin,
Où mille et une ombres que l’on croit obscurcies,
Remuent à s’accoiser, ces pauvres margotins.

Ils poussent sans soupirs, tombereaux éreintés
Où fulminent aux grands vents des flaches sans reflets,
Noirceur crépusculaire en dentelle mêlée,
Homme, endors-toi enfin sous ton rire incomplet.

Fanatiques envies, dressées sur le chemin
De nos pudiques sanglots rythmés par la mer,
Qui, à nos pieds s’emballent et fuient les baldaquins,
Où notre âme se pose à renier Lucifer,

Aux crépuscules vains, loin à s’en aberrer,
Quand passent les torrents au lointain de nos fronts,
Quand le soleil s’éteint à l’heure d’abjurer
Le poids de ces fardeaux qui ploient comme un affront.

Et quand dans la lumière ou bien à l’horizon,
Nous parvient la cohue de si vains hyménées
Quand s’accouplent à renaître en mystiques saisons,
Les matins grandioses qui, des larmes ont versé.

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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le mercredi 24 avril 2019, à 07:45
J'ai choisi ce repost, issu de mes débuts sur le site. Il a presque huit ans, déjà.
Envie de mots rares qui parsème le poème !
Et une allégorie un peu sombre sur l'Humanité. Quelques années ont passé, et notre monde semble toujours sous le gris de la destinée commune qu'il s'est forgée.
Amitiés à tous et à toutes.
Philip.

debbie le mercredi 24 avril 2019, à 09:50
Bonjour Philip très beau et touchant poème... Comme je le disais à l'instant sur le post de Guillaume, le poète est une éponge. Ils s'imprègne de ses émotions mais aussi de ce qui l'entour et ce trop pleins découle sur ses mots. Le poète sait en apprécier encore plus le bonheur car il côtoie aussi le malheur. Il le voit , il le perçoit, parfois le vit. Et c'est ce qui fait qu'il est capable d'admirer la plus simple des choses et s'en émouvoir. J'aime beaucoup ce vers en particulier " De nos pudiques sanglots rythmés par la mer, " Ce simple vers nous met en phase avec la nature. Ça crée une image très forte, la peine et la puissance de la mer qui apporte encore plus de profondeur à cette peine. 8 ans ce poème ? Il n'a pas prit une ride *sourire* Mais on aimerait tout de même un peu plus de bleu dans ce monde. Peut-être dans 8 ans ? Gardons espoir. merci pour ce très beau poème Philip !
Très belle journée à toi
Avec toute mon Amitié
Debbie

rivaudais le mercredi 24 avril 2019, à 13:38
Beaucoup de force et d'élévation. Un peu trop élevé ou compliqué pour moi. Au premier regard du moins ! J'y reviendrai quand j'aurai un peu de temps pour essayer de comprendre mieux cette "humanité qui sommeille" et "ses matins grandioses".

mariepaule le mercredi 24 avril 2019, à 14:15
Coucou Philip
Moi j(ajouterais, que l'on dit que le temps passe et ^pourtant, nous sommes toujours dans le même schéma qu'il y a 8 ans, avons-nous avancer ou sommes-nous restés bloqué dans le sombre et la tristesse?
J'aime les mots rares et donnent une autre valeur aux vers.....

Bel après midi Philip
Bisous
Om
Marie

Philip (Jardin de Lune) le jeudi 25 avril 2019, à 08:05
Pour DEBBIE :
Bonjour Debbie. Oui, tu as raison, si le terme "éponge" n'est pas poétique en soi (sourire !) c'est ainsi que l'on peut voir le poète.
Certains "absorbent" leurs propres émotions pour les traduire en poèmes.
D'autres s'imprègne du moment (les saisons, les événements du monde).
Moi, je m'imprègne plus souvent des traits de lumière qu'ont laissé les grands littérateurs et poètes.
Alors il est vrai que mes Hugo et Baudelaire et bien d'autres décrivait leur et notre univers de façon souvent grise bien que sublime.
Aussi pendant longtemps, et depuis longtemps, comme un réflexe conditionné, j'écris avec cette touche un peu sombre. C'est juste, sans doute, le très humble hommage que j'essaie de rendre à ceux que j'admire tant.
Oh tu sais, en huit ans, je pense ne pas trop avoir évolué en poésie, car c'est la personnalité qui domine, comme pour tout un chacun.
Belle journée, Debbie. Amitiés. Philip.

Pour RENE :
Merci d'avoir aimé ce poème, René.
Sans égaler (heureusement, cela se saurait !) les grands poètes que je citais plus haut, oui, je pense que quand j'ai écrit ces vers très imparfaits, je voulais sans doute y mettre force et élévation.
Ne te pose pas la question de savoir si le texte est compliqué où trop élevé, ce ne sont que des mots, auxquels il faut juste se contenter d'entendre leur musique.
Belle journée et amitiés, René. Philip.

Pour MARIE :
Coucou, Marie.
Je ne me suis pas posé la même question que toi. Car si je reconnais que le monde ne va pas très bien (mais c'est peut être une constante de l'histoire de l'Humanité, quand on la considère dans son ensemble) je dirais en fait que tout cela n'est que de la poésie. Le sombre c'est, comme j'ai essayé de l'expliquer à Debbie, juste la couleur emprunté à mes grands poètes.
Et si j'écrivais quelques poèmes colorés et joyeux ? Sur les fleurs ou le printemps. On verrait que la tonalité serait tout autre, forcément, optimiste, évidement !
Je suis tout à fait d'accord sur l'intérêt que peuvent apporter des mots rares dans la poésie. C'est pour ça que je le fais, de temps en temps, d'ailleurs.
Gros bisous, Marie. Philip.



domidom le jeudi 25 avril 2019, à 16:02
Coucou Philip!!!
Il me semble l'avoir déjà lu, je ne sais plus très bien, en huit ans trop de choses se mélangent dans ma pauvre tête, quelquefois mes neurones ne suivent plus, trop éparpillés un peu dans tous les sens, qu'importe, j'ai eu beaucoup de plaisir à te lire, de la tristesse, on peut même dire du spleen, on se sent transporter dans un autre univers...
J'ai adoré ton avant dernier quatrain...
Ce fut un régal...
Bisous, Domie...

Philip (Jardin de Lune) le vendredi 26 avril 2019, à 07:30
Pour DOMIE :
Coucou, Domie. Comme tu as pu le lire dans mes réponses qui précèdent, et tu me connais, ce poème était encore un poème chargé de spleen ou, si tu préfère de la tristesse qu'illustre le côté désemparé de notre humanité. On pourrait dire "actualité" ou "modernité" dans le propos, car si, il nous suffit de savoir regarder le Beau et les choses simples de la vie pour ce dire que le bonheur est à portée de notre main, le spectacle quotidien du monde nous ramène aux réalité.
Bon Week-end qui se profile, sans trop d'obligations associatives.
Gros bisous. Prends soin de toi Domie. Philip.

scorpionne le vendredi 26 avril 2019, à 10:36
Bonjour Philip,
J'avoue avoir lu ton poème mon dictionnaire à la main tellement il y a de mots inconnus de moi (sourire). Merci de me les avoir fait découvrir. Du coup, ma première lecture a été de comprendre ce que je lisais. Ensuite, j'ai relu et je me suis laissée envahir par les émotions qui s'en dégagent, par ce spleen qui te colle à la peau.
J'ai particulièrement apprécié la dernière strophe.
Passe un agréable vendredi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne

nisti le vendredi 26 avril 2019, à 20:07
Longtemps que je n'étais pas venu te lire, je m'en excuse.

Ce poème a une sorte de tension, je trouve, dans le fond. Le tout est exposé assez normalement, mais, je ne sais pas, j'y décèle une tension, qui si tu étais en colère au moment de le lire. C'est l'effet que me font ces mots. Comme un énervement, qui se cache derrière les lignes. C'est particulier à décrire. Mais très plaisant à lire, en tous cas.

Au plaisir ! Nisti

nisti le vendredi 26 avril 2019, à 20:08
Comme si tu étais en colère au moment de l'écrire.**
Désolé, fautes de frappe

Philip (Jardin de Lune) le samedi 27 avril 2019, à 08:03
Pour JOCELYNE :
Bonjour Jocelyne, il est vrai qu'il subsiste tant de mots qui, sans être vraiment du vieux français, ne sont plus usités. Les "ressortir"....pardon, les employer parfois en poésie donnent une coloration particulière à l'écrit avec un petit côté passéiste, si singulier à l'époque du langage SMS !!!
Bien sûr, ce poème est chargé de spleen. Comme je le dis souvent, c'est mon seul moyen pour donner du corps ou de l'émotion à ma poésie, je suis très médiocre pour décrire les choses simples (et souvent si belle) de la vie. Bon, il est vrai que "j'ai fait fort !" en choisissant le thème du crépuscule de l'Homme !
Beau Week-end Jocelyne. Bien amicalement à toi. Philip

Pour NISTI :
Tu n'as pas à t'excuser de ne pas passer systématiquement me lire. Ce n'est nullement une obligation.
Mais ton commentaire me fait bien plaisir, sois-en certain.
Ah, je te rassure, je n'étais nullement en colère en écrivant ce poème. Comme je le dis souvent, c'est dans des situation sombres ou tout du moins "spleeneuses" que je pense être le meilleur quand j'écris. Si j'étais scénariste, je ne ferais que des films noirs d'imagination.
Mais en effet, en annonçant pour thème "le crépuscule de l'Homme", par les temps que nous vivons, il y a une dimension quasi sociologique dure, où en effet les tensions sont palpables. Le poème n'est pas récent. Était-il une vaste métaphore sur un changement de civilisation ?
Je ne puis te le dire. C'est juste un poème. Amitiés Nisti. Philip.

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