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La rose en son jardin est comme un tabernacle,
Dès l'aurore exposée aux êtres menaçants
Qui violent sa beauté de regards indécents
Et chaque instant de vie est pour elle un miracle.
Qu'on la cueille, elle meurt. Terrible hymen et loi !
Qui peut dire le mal d'un amour maladroit ?...
Et seul le rossignol, dont l'air porte le chant,
Est digne de louer la majesté céleste
Du calice d'amour que la nuit voile et leste
D'un nectar ambroisé par les soupirs du vent.
Mais la rose est ardente et veut au jour levant
S'offrir au Grand Soleil, ce si brutal amant.
Demain, le rossignol, romantique et poète,
Bercera sa douleur en ses trilles d'amour.
Celle qu'il aimait tant, victime d'un balourd,
Est morte, abandonnée au soir de sa conquête.
La femme est une rose à la beauté charnelle.
Je me voudrais soleil, ou roi, selon ton choix,
Pour te cueillir ma mie au Jardin des Émois.
Mais le poète est gueux et la vie est cruelle.
Je me veux rossignol pour te charmer la Belle.
A qui la rose seule en sa fraîcheur nouvelle
Peut être comparée. Hélas ! je le pressens,
Tu souffres, tout comme elle, en ton coeur de vingt ans.
Comment rêver encor quand je te sens meurtrie,
Insensible au désir, réfractaire à l'amour ?...
Comment bercer la peine à l'âme endolorie?...
Nul chant ne peut guérir le souvenir trop lourd.
Il nous reste le temps, miracle des miracles.
Toi que l'amour blessa, sois Reine en mon jardin.
Écoute enfin celui qui te conte aux cénacles
Et l'Espoir qui triomphe en cet alexandrin.
Au contraire du photographe, le poète ne devrait pas faire de clichés. Ici en voici toute une floraison. Le rossignol, la rose dont j'ai -sur le site même- moqué l'emploi trop fréquent et donc un peu trop?...usé, le Grand Soleil et les soupirs du vent, le calice d'amour et le jardin de même etc etc. J'attends donc la volée de bois vert que je mérite...ou pas ?
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