Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Jean-Jacques Rousseau revisité (1712-1778)

le mardi 21 mai 2019, à 13:09. Posté par Michel Ernest


    Au Panthéon des nobles hommes
    Et des nobles femmes aussi
    Un jour j'y suis allé, mais comme
    Simple visiteur averti

    Face au tombeau du grand Voltaire
    J'ai crû entendre dans la mort
    Rousseau et son vieil adversaire
    Semblant se chamailler encore

    Rousseau père s'appelle Isaac
    Mais il n'est pas juif pour autant
    Car son fils, prénommé Jean-Jacques
    Comme lui est un protestant

    Né à l'été mil sept cent douze
    À Genève, à l'ouest de la Suisse
    Le père Isaac perd son épouse
    Pour gagner Jean-Jacques, son fils

    C'est son oncle Samuel Bernard
    Un digne pasteur protestant
    Qui lui inculque son savoir
    Et lui trouve un métier décent

    Quand il a dix-sept ans, Jean-Jacques
    Quitte Genève, contrarié
    Pour de l'autre côté du lac
    Se réfugier chez... un curé

    Le curé amusé l'adresse
    À une baronne esseulée
    Qui devient vite sa maîtresse
    Pendant de très longues années

    Dans la religion catholique
    Elle le fait se baptiser
    Et lui enseigne la musique
    Si bien qu'il en tire un métier

    Bientôt le couple part en France
    Et emménage à Chambéry
    Pour Jean-Jacques c'est une chance
    La baronne y achète un nid

    Pendant huit ans c'est le farniente
    Jean-Jacques s'instruit en lisant
    Joue de la musique et chante
    Et rédige même un roman

    À trente ans il quitte sa dame
    Et à Paris vient s'installer
    Là, comme il connaît bien ses gammes
    Un brevet, il veut déposer

    Mais l'Académie lui refuse
    [Le procédé est démodé]
    Jean-Jacques Rousseau s'en amuse
    Car il a bien d'autres idées

    D'ailleurs les salons qu'il fréquente
    Regorgent de talents nouveaux
    Dont cette personne brillante
    Du nom de Denis Diderot

    Jean Jacques vit en union libre
    Au côté d'une blanchisseuse
    Et comme ils n'ont guère la fibre
    Familiale, ni affectueuse

    Cinq fois de suite ils abandonnent
    Leurs cinq enfants qu'ils ont tous deux
    Mais le bon Dieu le leur pardonne
    Car ils sont plus heureux sans eux

    Avec ses nouveaux camarades
    Voltaire et quelques érudits
    Jean-Jacques forme une pléiade
    Qui écrit l'encyclopédie

    Il gagne un étonnant concours
    À l'Académie de Dijon
    Déclarant dans un long discours
    Que l'essor, c'est la corruption

    Il déclenche une polémique
    Chez les intellectuels français
    Qui, à trop faire de critiques
    Participent à son succès

    Fort de cette belle auréole
    À la demande de son roi
    En quatre coups d'archet de viole
    Rousseau compose un opéra

    En mil sept cent cinquante-quatre
    Il remporte un nouveau concours
    Qui invite encore à débattre
    Mais qui l'éloigne de la Cour

    Car chez ces nobles gentilshommes
    On croit ferme, et depuis toujours
    À l'inégalité de l'homme
    Contrairement à son discours

    Jean-Jacques, au faîte de la gloire
    Protestant, se reconvertit
    Puis s'en va exercer son art
    En forêt de Montmorency

    Il écrit le "Contrat social"
    Et au bout d'un an le publie
    Ce qui lui vaut le tribunal
    Et l'éloignement du pays

    Critiqué par les philosophes
    Et aussi par les catholiques
    En Prusse, il fuit en catastrophe
    À la Cour du roi Frédéric

    Rousseau meurtri dans son orgueil
    Pour répondre aux accusations
    Écrit un livre en un clin d'œil
    Qu'il baptise "Mes confessions"

    Mais, cette autobiographie
    N'étant pas publié pour l'heure
    Discrètement il se marie
    Avec Thérèse Levasseur

    En mil sept cent soixante-dix
    La chute de monsieur Choiseul
    Sonne l'heure de l'armistice
    Mais il se retrouve bien seul

    Car l'écrivain est misanthrope
    Pour ne pas dire mégalo
    Et aux quatre coins de l'Europe
    Le boudent ses alter-egos

    C'est en copiant de la musique
    Qu'il gagne sa vie à présent
    Et, passionné de botanique
    Il publie quelques documents

    En même temps, comme une drogue
    Il poursuit l'écriture sage
    De ses "Confessions et dialogues"
    Qui déjà font plus de 1000 pages

    Les "Rêveries du promeneur
    Solitaire" est son dernier livre
    Il y consigne avec bonheur
    La beauté de son art de vivre

    C'est au château d'Ermenonville
    Chez le marquis de Girardin
    Que Jean-Jacques l'âme tranquille
    D'un A.V.C. soudain s'éteint

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
gymnote29 le mardi 21 mai 2019, à 17:46
Excellente étude en vers pour une poésie bien rythmée cordialement jean françois

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet