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Montesquieu revisité (1689-1755)

le vendredi 31 mai 2019, à 18:29. Posté par Michel Ernest


    Avant d'écrire cette page
    Je ne connaissais pas très bien
    L'histoire de ce personnage
    Depuis, je reste sur ma faim

    Car, après trois ou quatre strophes
    Comme l'aurait dit Jean Gabin
    À propos de ce philosophe
    "Je sais bien que je ne sais rien"

    Montesquieu est un homonyme
    C'est un noble, un baron je crois
    Son véritable patronyme
    C'est Charles-Louis de Secondat

    Il naît au château de La Brède
    En Gironde près de Bordeaux
    Et à l'ombre de ses pinèdes
    La nurse pousse son landau

    Fâcheusement, sa mère meurt
    En mettant au monde un enfant
    La famille est dans la douleur
    Charles-Louis vient d'avoir sept ans

    À onze ans il suit des études
    Dans la grande ville à côté
    À vingt ans un peu plus au sud
    Il est à l'université

    Dès qu'il décroche sa licence
    Il est avocat à Paris
    Et lie nombre de connaissances
    Dans le milieu des érudits

    Mais bientôt son père décède
    Lors, selon la coutume noble
    Il hérite au bourg de La Brède
    Du château et de ses vignobles

    Sur ses terres, le fils prodigue
    Cherche une femme à épouser
    Il trouve Jeanne de Lartigue
    Dont la dot est démesurée

    Dans son château sur l'Atlantique
    Une plume d'oie à la main
    Il écrit sur la "Politique
    Religieuse au temps des Romains"

    Par une chance peu commune
    Il hérite encor' d'un parent
    Qui lui lègue titre et fortune
    Et une charge au Parlement

    Mais Montesquieu est trentenaire
    Et seul pour lui compte l'argent
    Aussi comme un homme d'affaires
    Il vend sa charge au plus offrant

    Il s'intéresse un peu aux sciences
    Il lit beaucoup et même écrit
    Réalise des expériences
    Et intègre l'Académie

    Mais sa nature littéraire
    Reprend ensuite le dessus
    Et dans une œuvre épistolaire
    Charles se lance à corps perdu

    Son roman "Les Lettres persanes"
    Sort en mil sept cent vingt et un
    C'est une vision musulmane
    Des mœurs de l'occident chrétien

    Sa réputation est si forte
    Qu'aux chaires des grandes écoles
    On lui ouvre grandes les portes
    L'antichambre de la Coupole

    Ainsi, à Louis XV ne plaise
    Montesquieu tout auréolé
    Entre à l'Académie française
    Laissant le roi fort contrarié

    Fort de son nouvel habit vert
    À travers l'Europe, il voyage
    Puis reste un an en Angleterre
    À mettre ses idées en pages

    "Considérations sur les causes
    De la grandeur des Romains, et
    De leur décadence", on suppose
    Qu'il avait lu Pline l'Aîné

    Cet ouvrage, il le parachève
    Pendant quatorze ans et six mois
    Et quand il paraît à Genève
    Il a pour nom : "L'Esprit des Lois"

    Son succès est considérable
    Dans les milieux, dits éclairés
    Mais ce livre est insupportable
    Pour le roi et messieurs les curés

    Si son œuvre subit le blâme
    Du roi de France jusqu'au Pape
    Partout en Europe on l'acclame
    Et son livre se vend sous cape

    Montesquieu a la soixantaine
    Il n'est pas vraiment bien portant
    Il écrit encore avec peine
    "Lysimaque", un dernier roman

    Un an plus tard, d'apoplexie
    Il quitte le sol des vivants
    Pour retrouver le Saint-Esprit
    Mais pas des Lois, évidemment

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