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Joachim Du Bellay revisité (1522-1560)

le mardi 04 juin 2019, à 12:52. Posté par Michel Ernest


    Heureux qui comme… Du Bellay
    A écrit un si beau poème
    Que chaque gamin apprenait
    En cinquième où en quatrième

    Cet hommage au bon vieil Ulysse
    Fait du ci-devant Joachim
    Avec Ronsard, son vieux complice
    L'égal des plus grands Italiens

    Joachim et non Joakim
    Naît peu-après mil cinq cent vingt
    Du Bellay est son patronyme
    Et son patois est angevin

    Ses parents sont de la noblesse
    Son père est seigneur de Gonnord
    Ce n'est pas la grande richesse
    Mais ça donne un certain confort

    Malheureusement à dix piges
    Ses deux parents perdent la vie
    Son entourage le néglige
    Seul avec son frère il survit

    Malgré sa longue solitude
    Il devient un bon écolier
    Et à Poitiers suit ses études
    Dans la grande université

    Là-bas il fait la connaissance
    Des amoureux des "Quatre z'arts"
    Venus des quatre coins de France
    Dont un certain Pierre Ronsard

    Ils se retrouvent au collège
    De Coqueret, sis à Paris
    Dont ils établissent le siège
    De leur pléiade d'érudits

    Cette brigade intellectuelle
    Instaure un pacte collectif
    Que signent Étienne Jodelle
    Et Jean Antoine de Baïf

    Promouvoir la langue de France
    Comme le veut le roi Henri
    Dans l'italienne Renaissance
    C'est là leur principal défi

    Pour satisfaire son monarque
    Joachim crée des poésies
    Imitant l'Italien Pétrarque
    Pour faire rire ses amis

    À trente ans il s'installe à Rome
    Près de son oncle, cardinal
    Mais très vite le pauvre homme
    S'ennuie de son Anjou natal

    Aussi écrit-il des poèmes
    De bien nostalgiques sonnets
    À toutes les âmes qu'il aime
    Qu'il intitule "Les Regrets"

    Peu à peu il tombe malade
    Et devient de plus en plus sourd
    Il est arrivé à un stade
    Où l'on procède à son retour

    Dans le quartier de Notre-Dame
    Sur l'île, au centre de Paris
    Il s'installe le vague à l'âme
    Chez Claude De Bize, un ami

    En mil cinq cent cinquante-huit
    Fiévreux mais encor vaillant homme
    Il écrit, puis on lui édite
    Un livre sur l'antique Rome

    Las, point de grâce souveraine
    Pour couvrir de fleurs son recueil
    Le roi d'une façon soudaine
    Est mort d'un javelot dans l'œil

    Six mois plus tard, c'est à son tour
    De partir pour un long voyage
    Mais un voyage sans retour
    Ulysse en eut-il pris ombrage ?

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