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J'ai ouvert ma fenêtre et respiré l'aurore.
Le ciel n'était ni bleu, ni gris : il était mauve,
il chantait.
Mes géraniums s'en sont émus :
à l'unisson, ils dansaient.
Fête Oui, ce matin était Fête.
J'entendis alors ton rire
un peu lointain d'abord,
puis là dans mes cheveux.
Comme tout était clair !
Je frissonnais …
Je vis alors ton regard
et tu lus dans le mien.
Les nouvelles sont arrivées ce matin
tôt !
Le ton de ta voix était grave.
Bastien, oh Bastien, la guerre est là !
En silence, nous parcourûmes les lignes
qui traçaient sa vie, sa vie là-bas !
Aujourd'hui Bastien pour toi, la vie triomphera
Vie de pleurs,
Vie de rires,
Vie si courte !
« Je suis homme »

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