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Psychiatrisee

le lundi 17 juin 2019, à 00:10. Posté par Martine


    Meme invisible
    une étiquette
    Colle à sa peau
    Depuis longtemps
    Depuis trente ans
    Indélébile
    Etat limite
    Nevrose d'angoisse
    Cyclothymique
    Phobie sociale
    Et dépressive
    Abandonnique
    Que sais-je encore....
    Elle est lucide
    Vit dans l effroi
    Se sent nuisible
    Tant de questions
    De non réponses
    Des mots valises
    Ou "c est comme ça "!!!
    Vous n'avez qu'à....!!!!
    Vivre avec?
    Méthode Coue
    Elle n en peux plus....
    Jamais fumé
    Jamais d'alcool
    Jamais droguée
    Des injonctions:
    Relaxez-vous!
    Reposez-vous!
    Pensez à rien!
    Travaillez...travailler...
    Bien sûre , sur vous!
    Avec recul!
    Vivez l instant!
    Dans la douleur?
    Quand elle surgit
    Sans prévenir?
    Avec l angoisse?
    Lorsqu'elle vous plombe
    Et vous assaye
    Et lâcher prise!!!!
    Comment fait-on?
    Dans "sa "folie
    Dans ce grand vide....
    A quoi peut-elle se raccrocher
    Quand on lui dit de tout lâcher?
    Elle tombe...tombe.....
    Mais elle devine
    Que son cerveau
    inadapté
    Est dans l erreur
    Fonctionne mal
    Ne comprend pas
    N'est pas "normal"

    Toujours lucide....
    Sans divaguer
    Et sans repos.....
    Des thérapies
    Pendant trente ans
    Elle a cherché
    Et tout tenté
    Allopapathie
    Neuroleptiques
    Anxiolitiques
    Les psychotropes
    Les somniferes
    Les perfusions
    Une symbolique
    C'était surtout
    Pour la soigner
    Par le toucher
    Avec les doigts
    Chercher ses veines
    Et puis poser
    Là sur sa peau
    Un pansement
    Avec chaleur
    Électrochocs
    Le même signal
    Une piqûre
    Pour s'endormir
    Enfin en paix
    Sur un brancard
    Comme un malade
    Mais un "normal"
    Que l'on endore
    En chirurgie
    Et peu de questions
    L'anesthésiste
    Le médecin
    A ses côtés
    Qui gère le choc
    Les convulsions
    Et le patient
    Il se repose
    Il ne sent rien
    Réveil facile
    Presqu'apaise
    Ce qu il voulait
    Qu'on voit son corps
    Et que l'on stoppe
    Tous les tourments
    De son cerveau
    Et puis l'inverse
    "La démodée
    Psychanalyse"....
    Tant critiquée
    Elle parle seul
    Elle analyse
    Plus qu'un cerveau....
    Mes oubliées
    Les thérapies
    Cognitivistes
    Dans l air du temps....
    Sophrologie
    Méditation
    Transcendantale
    Médicaments:
    Sur ordonnance
    Longtemps prescrits
    Par des médecins
    Et d un seul coup
    Rayés de la carte
    Des prescripteurs....
    Car soupçonnés
    D'avoir servi
    A des drogués
    Et conséquences
    Les insomnies
    Pour le patient
    Elle n'est pas seule
    Disent les médecins
    Est-elle coupable?
    D acceptation
    Des ordonnances
    Qui furent prescrites?
    Elle a subi
    A fait confiance....
    Longtemps....longtemps....
    De la patience
    Beaucoup...beaucoup.....
    Et les sevrages
    Furent "populaires"
    C est par plaisir
    Que "les patients"
    Prenant ces drogues
    Devinrent coupables
    Et même cobayes
    D'essais nouveau
    Effets de mode
    Alors elle doute
    Culpabiliseet
    Et ballottée
    Par la medecine
    Elle ne sait plus
    Ce qu'elle était
    Ni ce qu'elle est....
    Elle perd confiance
    Devient méfiante
    En décalage
    Face aux discours
    A fleur de peau
    N'a qu'un cerveau
    Une apparence
    Bien trop trompeuse
    Dans ses silences
    Et dans l effroi
    A peur de tout
    Des jugements
    Ceux qu'elle ressent
    Meme s il n y a qu'elle
    De ses colères
    Parfois violentes
    Là dans ses tripes
    Trop d injustices
    Accumulées
    Er du déni
    Et des non-dits
    Elle ,parle trop....
    Même pour les autres
    Pour les defendre
    Obeissance....
    Peur des reproches
    Même anodins
    Epuisement
    De repeter
    Parce qu on l'oblige
    Est-ce la folie
    Qui l envahit?





    Repetition....
    Déjà enfant
    Par deux parents
    Qui s'etripaient
    Criaient des mots
    Vulgaires violents
    Une spirale
    De violence
    Et spectatrice
    Figée d effroi
    Cerveau violé
    Manipulé
    Et asservi
    L autorité
    La peur du père
    Ses injonctions
    Si insidieuses
    Elle se taisait....
    De temps en temps
    Son corps parlait
    Ses nerfs craquaient
    Souvent la nuit
    Là dans son ventre
    Les émotions
    Bien enfouies
    Elles appelait
    Quelques secours
    La mère a peur
    Le père s énerve
    Et le sauveur
    C'est le medecin
    Mais on voulait
    En la rendant
    Bien sûre coupable
    La faire partir
    Dans une maison
    Dite"de repos"
    Elle se sentie
    Abandonnée
    Et sans nouvelles
    Qui réveilla
    Une autre histoire
    Bien plus ancienne
    Lorsque sa mère
    A l hôpital
    Dû la laisser
    Dans d autres bras
    Peu chaleureux
    À moins d un an

    Mais ce n est rien
    Est-elle la seule
    "Écorchée vive"
    La psychiatrie
    Regorge d'humains
    Traumatisés
    Cellules ou chambres
    Peintes de fardeaux
    Couvrant les murs
    Jamais visibles
    De ces "asiles"
    Ce nom est tu
    Il est tabou
    "Clinique psy"
    Pour " burn-out"
    Pour trois semaines
    Ça passe mieux
    Surtout pas dire
    Qu'on est venu
    Tous les deux ans
    Ou plusieurs mois
    C est l 'escalade
    Vers le sommet
    De "la folie"
    La double peine.....
    L intolerance
    Rien n a changé....
    Ont-ils un corps
    Qu'on peut toucher
    Ces drôles d'humains
    Car leur blessure
    N'est point visible?

    L épuisement
    Pas d autres mots....
    Le corps qui parle
    De plus en plus....
    Et la colère
    D'abord sourde
    Que l on avoue
    Puis que l on tait
    Et puis physique...
    La dans sa chair....
    Le fatalisme
    Des médecins...
    Science non parfaite
    Une empathie
    Semble exister
    Mais quelle puissance
    Et quel pouvoir
    Face aux patients
    Cet ignorant....
    Le manque d argent
    Et les lobbys....
    La psychiatrie
    Le parent pauvre
    De la médecine... .
    Pourquoi se battre?
    Et contre quoi?
    Et avec qui ?

    Et puis pour Elle
    Rien ne fût dit
    Que du déni
    Dans son histoire
    Le père est mort
    Et sans remords
    Sans aucun mots
    Même affectif
    Pour son enfant.
    Sa mère perdue
    En gériatrie
    Trop violentée
    Et cette femme
    Psychiatrisee
    Elle ne fut rien
    Qu'un ustensile
    N'a plus de racine
    En décalage
    Dans ses secrets
    Est de nulle part
    Soixante-six ans
    Sa voix s éteint
    Son corps vieillit
    De l interieur
    Rien ne se voit
    De l'exterieur
    Sa faible voix
    Passe souvent
    Inaperçue
    Elle s est trompée
    Et c est contre elle
    Qu'elle a lutté
    N'a pu s'aimer....
    La résilience?
    De Cyrulnick
    Elle n'a pas su....
    Pas courageuse?
    A fleur de peau...
    Ne sait écrire
    Que des poèmes
    Parfois même gais
    Est-elle-coupable?
    Petite poussière
    Dans l air ambiant
    Ici ,ailleurs
    Là-bas ,nulle part

    Dans cet espace
    Une seule lumiere
    Brille dans son cœur
    Et c'est son fils
    Elle ne veut pas
    Être un poids lourd
    Il faut qu il vive
    Pour lui, son couple
    Elle ne veux pas
    Que sa belle-fille
    Ait une belle-mère
    "psychiatrisee".....

    Elle n'a plus de corps
    Juste un cerveau
    Que l 'on épuise
    A petits feux
    Par des questions
    Et des paroles
    Sa peau est morte
    Pas de contacts...
    Elle voudrait juste
    S'en aller loin
    Tout doucement
    Ne plus souffrir
    Ni faire souffrir
    Ceux qui l entourent
    Elle voudrait être
    Un chat malade
    Qui disparait
    Tres dignement
    Sans qu on le voit
    Et sans rien dire
    Même pas miauler
    A-til souffert?
    En s endormant
    Il est en paix
    Peut-être pas loin......
    On ne l oublie pas
    Il est vivant....
    Notre mémoire
    Est sa maison.....
    Son cimetière
    Plein de coussins
    Il n est pas triste .....
    On se souvient
    De sa beauté
    De sa quietude
    De sa chaleur
    De sa douceur
    Il s'etirait
    Il ronronnait
    Et même calmait
    Mes longues souffrances
    Par sa présence
    Là sans paroles
    Sans questions....
    Juste une image
    Une photo
    Une impression
    Le souvenir
    Qui doit rester
    C est celui-là....

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (Jardin de Lune) le lundi 17 juin 2019, à 08:37
Bonjour, chère Martine.
Un émouvant et très prenant tableau, empreint hélas de réalisme que l'on pourrait appeler, pour paraphraser Bukowski, "conte de la folie ordinaire".
J'ai toujours cette réflexion, qui ne reflète pas forcément TOUTES les réalités psychiatriques : le fou est (peut-être) celui qui a tout perdu, sauf la raison.
Prisonnier souvent d'une camisole de l'âme.
Amitiés, Martine. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Susan* Coquelicot * le mercredi 19 juin 2019, à 09:47
Bonjour Martine ,
Ta plume aujourd'hui nous dresse un texte poignant et émouvant ...
Difficile de voir ceux que l'on aime sombrer dans ce que l'on appelle la folie !
J'ai vécu ces moments ...Quand mon papa atteint de la maladie d'Alzheimer ...Il a vécu ses derniers mois enfermé et attaché ...Puisqu'il s'était sauvé à plusieurs reprises ...
Un homme devenu "fou" , un homme qui ne reconnaissait plus ses proches ...Un homme qui souvent vivait de son lointain passé !!!
Je suis très émue Martine en te lisant ...
Douce journée à toi.
Amicalement.
Susan

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