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L’Ailleurs, l’Obscur.
…..Aux Langes, le Linceul. A Peine sommes-nous d’Ici. Le Départ est notre Sort, l’Initial et l’Ultime dont nous aurons été saisis, dépossédés. Un Enfant espiègle joue inlassablement aux Dés : Temps éternel, éternel Battement. Donnés. Repris. Venir. Partir. Ainsi sommes-nous joués. Inconstance est notre Inconsistance et notre Absence de Destin. A Peine une Ombre et le Songe d’une Ombre. Les Ephémères s’agitent, saluent et vont mourir. Un Enfant fabuleux joue inlassablement à déplacer des Pions sur l’Echiquier du Monde : la Condition des Hommes...Pénombre est la Durée de Vie, Ô Mal Voir et l’Obscurité des Extrêmes !…..
L’Ailleurs sans Lieu ni Fond, le Nulle Part et les Lointains obscurs dont nous venons, à quoi nous nous éloignerons, où nous retournerons, portent et emportent les Mortels. Des Brumes opaques assombrissent d’Inconnaissance et dans la Cécité, Commencements et Fins, Durées, Passages, les Actes et les Passions. Au Voisinage de l’Etrange des Existences commençant et finissant, un Voile de Ténèbres impénétrable plonge les Idées claires dans l’Indistinct, la Clandestinité, l’Indéfini et toute Vue dans l’Inscrutable. Abîme de tout Dire en toutes Langues de la Terre, l’Obscur et l’Incompréhensible…..
L’Essence de l’Ailleurs et de l’Obscurité est sans Essence traductible, l’Impossible confine aux Lisières d’Inconnu, touche à l’Inextricable, l’Informe, le Sans Nom, Apophase infinie, au Bégaiement, aux Chaos des Images, à un Langage éteint, des Paroles de Cendres, aux Cryptes froides de toute Nomination, Lectures rompues, essoufflées, Chants et Musiques gelées, Bouches de Terre, Phrases tronquées, Livres, Partitions calcinés...Surgis obscurément d’un Ailleurs impensable, nous allons à l’Ailleurs de la Fin, chancelants et boiteux, à Nous-Mêmes obscurément présents, troué l’Ici d’Absence, Passants, Voyageurs et Nomades en Exil, en Exode, inconsolés d’une inexistante Patrie, d’un Arrière-Monde imaginaire, toujours Ailleurs, toujours obscurs…..
Mais peut-être est-il possible, en Vérité, que l’Ailleurs et l’Obscur dont nous participons, nous soient Chance de Vie vivante et Liberté, Mouvement, Joie du Sens à chercher comme on attend l’Amour, rêveuse Errance, Quête de Vérité dans les Fissures du Monde, Contemplation des Merveilles fugaces, de la Beauté mortelle qui parsème et le Monde et les Oeuvres de ses Fleurs rudérales, Chance de Vie vivante dans l’Effort et la Peine, Chance pour l’Inutile transgressant la Nature d’Extase et de Jouir, Gloire pour le Rien qui environne la Liberté de l’Existence et sa Brièveté, Gloire pour les Fragments de la Pensée, les Eclats poétiques qui s’approchent en Paroles initiales, en Tournures essentielles de l’Essence sans Essence du Mystère, Chance nouvellement donnée à chaque Jour qui vient et s’en va vers sa Nuit qui l’abrite en Secret, Commencements infiniment ouverts depuis et vers l’Ailleurs, infiniment bordés, brodés d’Obscur…..
D’Autres Soleils s’allumeront et s’éteindront, Rythmes et Contre-Rythmes perpétuels, d’Autres Humanités verront le Jour, inquiètes ou comblées mais tourmentées toujours par l’Ailleurs et l’Obscur, d’Autres Enfants joueront aux Dés, aux Osselets, le Temps de leur Enfance, images du grand Temps, vieilliront et mourront selon la Loi, d’Autres Passants, d’Autres Nomades iront, rêvant leurs Routes recroisées, entrecroisées, Carrefours et Hasards des Pérégrinations, oublieux du Passé, dégrisés des Jadis et de leurs Illusions, Voyageurs sans Orients ni Projets, sans Fins dernières à tout jamais, loin de la Terre , peut-être, disparus dans l’Espace et les Lointains cosmiques, d’Autres Pensées s’abîmeront glorieusement au plus près du Réel et de l’Inconnaissable, d’Autres Poèmes surgiront et d’abord inaudibles, étranges Kaléidoscopes de Rêves, d’Amours nouvelles et de Souffrances, dirigés vers l’Ailleurs et l’Obscur…..
Un Enfant mythique joue inlassablement à déplacer des Pions : Eternité du Temps …..
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