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Une gueuse a longé les murs de ma maison
J'ai entendu ses ongles crisser contre ma porte
Un voile sombre a soudain obscurci l'horizon
Spirales de corbeaux rassemblés en cohortes.
Sous un souffle glacé
Le chêne a frissonné
Une cloche a sonné
Un chien noir a hurlé
Un feu s'est allumé au fond de mes entrailles
Morsures venimeuses de milliers de serpents
Et des ombres dansant le long de la muraille
De leurs gémissements ont meurtri mes tympans
Puis soudain tout s'est tu
L'enfer a disparu...
Plus rien que le silence
Et les flammes qui dansent...
Je me suis relevé, la main sur ma poitrine
Ecoutant la douleur lentement s'apaiser
Et le sang, dans mes veines, qui à nouveau chemine
Au rythme du bruit sourd d'un vieux coeur fatigué.
Toi la Gueuse, va t'en ! Continue ton chemin
Parsemé de chagrin, de ruine et de misère !
Du jour qui s'annonce je verrai le matin
Et mes pieds fouleront encore cette Terre.
Bientôt tu reviendras, je le sais, je le sens
Je serai sur le seuil, voyageur sans bagage
Tu me prendras la main et, comme deux amants
Nous nous éloignerons vers de lointains rivages...
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