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Le matin se lève dans de belles senteurs
Et l'église au loin sonne les heures,
Me voilà réveillée de bonne humeur
Et savourant déjà la chaleur.
La grive m'a chanté sa mélodie,
Du haut du cyprès qui sourit,
Ample se fait la vie aujourd'hui,
A vouloir à tout, dire "oui".
Je garde ce regard de tout, ébloui,
Et me balade au delà, de la nuit,
Mes paupières s'ouvrent sur du bleu
Cet azur, qui me poursuit toute la vie.
Une palette de couleurs, quel bonheur
Des mélanges se faisant à l'infini,
De quoi oublier quelques malheurs
Et faire s'évanouir la douleur.
Je la peins cette jolie fleur
évanescente dans la rosée du matin,
Elle scintille au travers de la lumière,
Et je me parfume de son éther.
Je chante à claire voix
Ayant trouvé la bonne voie,
Je danse d'un pied sur l'autre
Comme au temps de mon enfance.
Je respire à pleins poumons, cette senteur
Des bruyères étendues dans l'horizon,
Je tombe en pâmoison au son du clairon,
Dans mon regard reste le meilleur.
Comme je voudrais être fée,
Par la nature caressée
Et je saurais des beautés rajouter
A ce tableau enchanté.
Là tout près, un chevreuil broute
Du tendre gazon de sous-bois,
Il est tremblant aux abois,
Et tendrement , je change de route.
Des lapins se courent après,
Et je sens le prenant serpolet
Qui rampe et forme un tapis,
A tout cela, je souris...
Je sens la caresse tendre de la vie,
Cette étreinte qui me sourit,
Quand monte vers la cime le chèvrefeuille,
C'est le coeur de cette vie que je recueille.
Et ensuite, je savoure les mûres,
De les cueillir , c'est dur,
Se griffent les jambes
Mais combien suave, ce goût.
Ainsi mes sens sont en éveil,
Plus développés encore que la veille,
Et je rejoins heureuse la treille
Et au soleil ,je retrouve le sommeil.
Je rêve d'un tendre poète connu,
Et je le rêve en terre inconnue...
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