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"J' voudrais travailler encor, travailler encor
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or"
Chanson de Bernard LAVILLIERS
La route est un ruban de bitume et sueur
Assombri par le temps, endeuillé par les haines,
Obscurci par le sang, les crimes et les peines.
Elle mène à l'emploi des armes et des larmes
Où l'homme trime dur pour son propre malheur,
A perdre sa raison au milieu des vacarmes.
L'usine en son enfer tisse un filin bien triste,
Dédale inextricable où se cache la mort.
Chacun en son destin est guetté par le sort.
Lorsque tombe le soir aux reflets d'améthyste
Les monstres fous d'acier avec leurs grands yeux d'or
Sont des cercueils roulants qui ronronnent encor.
Et je songe ce soir, au seuil de ma maison,
A ceux qui chaque jour travaillent à la chaîne,
Esclaves obligés de l'infernale ronde.
Mais la retraite atteinte, ils referont le monde
Et leurs cerveaux troublés quelquefois même iront
Jusqu'à la regretter cette torture ancienne.
L'existence est tourment pour celui qui galère.
Et je rêve parfois d'un paradis sur terre
Où l'on vivrait en paix dans l'effort des labours,
Sans lutte fratricide et sans haineux discours.
Le bonheur est possible. Il faudrait arrêter
De faire de ce monde un monstrueux déchet.
Mais les homme sont fous et transforment la terre
En un immense asile. Amis j'en désespère.
Ploufragan juillet 2019
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