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François Briquemault revisité (1502-1572)

le vendredi 02 août 2019, à 12:32. Posté par Michel Ernest


    Les historiens ou les compères
    De ce valeureux combattant
    Avec respect le baptisèrent
    François "Le Bayard Protestant"

    Ils avaient fait les mêmes guerres
    Servi les mêmes souverains
    Bayard eut pu être son père
    Si la religion ne survint

    De Jean et de dame Alexane
    Naît François, leur premier enfant
    Au cœur d'un bien beau patrimoine
    Entre Puisaye et Orléans

    Suit Adrien, puis Marguerite
    Mais le père meurt soudainement
    Alors l'aîné de tout hérite
    Et part à la guerre à vingt ans

    François fait ses premières armes
    Comme son père, aussi les fit
    En Italie, pas loin de Parme
    Auprès d'un certain Coligny

    Tandis qu'il gagne à Cérisoles
    Un combat de très longue haleine
    Sa mère en France se console
    En administrant son domaine

    En mil cinq cent quarante-quatre
    Tout bardé de belles médailles
    Son aura ne cessant de croître
    Notre héros rentre au bercail

    Il retrouve Renée, sa femme
    Que, jeune, il avait épousée
    Et dans son château il se pâme
    Le temps de faire trois bébés

    Lors, de retour en Italie
    Pendant le règne d'Henri II
    Il est gouverneur près d'Asti
    D'un dernier bastion dangereux

    Profitant soudain de l'aubaine
    Le rusé souverain anglais
    Envoie une marée humaine
    Pour venir envahir Calais

    François est rappelé de suite
    Et au soir du quatre janvier
    De mil cinq cent cinquante-huit
    Les Anglais sont expatriés

    Un jour de mil cinq cent-soixante
    Adrien, son frère adoré
    Est tué de façon terrifiante
    Par des catholiques zélés

    Il se convertit, le traitre
    À la nouvelle religion
    Et avec Coligny, son maître
    Il vandalise la région

    L'an suivant Briquemault saccage
    Le Gâtinais avec Condé
    Il détruit Montargis de rage
    Fait pendre monsieur le curé

    Condé le nomme en récompense
    Gouverneur militaire à Rouen
    Malheureusement, pas de chance
    Il est assiégé l'an suivant

    Sur l'ordre du roi de Navarre
    Il va quêter en Angleterre
    Une intervention illusoire
    Tant la situation est précaire

    La Normandie récupérée
    Par les armées du souverain
    Briquemault court se réfugier
    Dans son château du bord du Loing

    Après quelques mois de silence
    Il recommence ses razzias
    Des confins de l'Île-de-France
    Au nord du pays auvergnat

    Lormes, Gâcogne, Montsauche, Mhère
    Quarré-les-Tombes, Saint-Brisson
    Dun-les-Places, Châblis, Ruère
    Auxerre, Saint-Gengoux, Mâcon

    On le retrouve à la bataille
    De Jazeneuil, près de Poitiers
    À Jarnac où, sous la mitraille
    Son chef, Condé, est trucidé

    Cinq jours plus tard sa troupe attaque
    Le bourg de Saint-Jean-d'Angély
    Et puis Angoulême et Cognac
    Avant de repartir chez lui

    Sur le chemin avec les reîtres
    De Wolfgang, le duc de Deux-Ponts
    Il va en Nivernais commettre
    D'épouvantables exactions

    Puis il met le feu à l'église
    De Saint-Père-sous-Vézelay
    Prend La Charité par surprise
    Chasse les gueux dans la forêt

    Puis il participe aux batailles
    De Bourg-Dieu et de Montcontour
    Avant d'assiéger la muraille
    De Poitiers durant quatre jours

    En mil cinq cent soixante-dix
    Se croyant encore un jeune-homme
    Briquemault reprend du service
    Et à la tête de cent hommes

    Descend dans la vallée du Rhône
    Retrouver l'ami Coligny
    Pour déloger l'ennemi "gone"
    Qui bloque l'accès du Midi

    En remontant vers la Bourgogne
    À La Ferté et à Cluny
    Ils vandalisent sans vergogne
    Les magnifiques abbayes

    Enfin de retour sur ses terres
    Grâce à la paix de Saint-Germain
    Il passe un bien tranquille hiver
    Avec Coligny, son voisin

    Il part ensuite à La Rochelle
    Aider aux fortifications
    Puis, à la Cour le roi l'appelle
    Pour parlementer à "London"

    Tout allait bien, trop bien peut-être
    Entre les anciens ennemis
    Mais tout n'est que dans le paraître
    Car vient la Saint-Barthélemy

    Tout-à-coup un tir d'arbalète
    Blesse l'amiral Coligny
    Lors, par la fenêtre, on le jette
    Et le bas peuple l'équarrit

    Briquemault devant ce carnage
    Cherche à fuir désespérément
    Et malgré son respectable âge
    Il court comme un adolescent

    À l'ambassade d'Angleterre
    Il se réfugie quelques heures
    Mais les poursuivants sanguinaires
    Intimident l'ambassadeur

    Condamné à mort en octobre
    Bien que noble et grand officier
    Le roi lui impose l'opprobre
    D'être pendu et étranglé

    Malgré cette anecdote infâme
    Qu'on a pardonnée aujourd'hui
    Je dédie cette œuvre à ma femme
    Qui, fièrement descend de lui

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