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Passante endeuillée

le lundi 02 septembre 2019, à 20:50. Posté par Mouloud (auteur : Philippe Parrot (avec accord))


Assis sur un banc … situé près d'un cimetière,
Dont le portail s'ouvrait sur une vaste avenue
Où j'adorais flâner durant des heures entières,
Emporté par la marée des touristes bienvenus,

J'ai soudain remarqué, marchant d'un pas lent,
Une citadine en grand deuil tout de noir vêtue,
Dans un strict tailleur. Privée du moindre allant
Et secouée par des pleurs, elle tremblait abattue.

Malgré sa voilette, beau masque sur son visage,
J'ai perçu dans ses yeux la marque du désespoir.
Et dans ses gémissements, laissés à son passage,
Bouleversé, j'ai ressenti tous ses cruels déboires :

La douleur qui foudroie, la mort qui nous ruine !
Ange déchu, à travers son âme blessée de femme,
Elle incarnait l'image du bonheur qu'on assassine
Mais, à travers sa beauté, cet autre qu'on réclame.

Touchante, à hoqueter au beau milieu de sanglots,
Tant de grâce meurtrie fit sourdre dans mon cœur
Un brusque flux d'émois. Serait-ce donc notre lot,
Belle inconnue, de ployer sous de vives douleurs ?

Dis-mois ma passante endeuillée dans cette vision,
Fugitive, de ton être mis à mal, faudra-t-il n'y voir
Qu'une lueur brillant dans nos nuits, une occasion
Ratée d'unir nos précaires destins ? Et d'y croire !

Ne vivons-nous donc jamais ces intenses moments
De joie, touchants et partagés, à rire de concert pour
Un rien ? Ne serai-je qu'Ailleurs ton seul confident ?
Dans l'au-delà du monde que nous quittons un jour ?

Qui que tu pleurasses dans tes bras vaillants sans fard
Disparu, ne nous reverrons-nous que dans l'éternité ?
Ne serait-ce pas trop loin ? Ne sera-t-il pas trop tard ?
Car chacun sait, la vie tue nos élans et leur ingénuité !

Vois ce qu'il advient de nous ! Tu passes devant moi
Et t'éloignes, pleureuse esseulée, incomprise, brisée.
J'ignore où mènent tes pas et si l'on te chérira ma foi.
Tu ne sauras jamais où j'irai, à la dérive, trop épuisée.

Pourtant, à ta gracile silhouette, je sais que j'aurai pu
Te consoler et peut-être t'aimer, triste dame délaissée,
Surgie un instant par hasard, avec une telle peine crue.
Ah ! nous parler et j'aurai libéré ta poitrine oppressée.

18-20 juin 2015

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
leballonrouge76 le lundi 02 septembre 2019, à 21:04
C'est par le film "Le Ballon rouge" que j'ai découvert cet auteur.
Un étrange moment analogue à cette rencontre sans mots dire, est survenu un jour de printemps à Etretat. Assis sur un banc, je mangeai un sandwich. Une jeune femme se met à l'autre bout du banc. Elle semble vouloir me parler. Son mari, son compagnon (?), près de la digue fait les cent pas. Je ressens la tension, du malaise entre ces deux êtres. La jeune femme voudrait parler. Je n'ose lui ouvrir ma porte, l'accueillir, qu'elle se confie, même quelques mots. Il se passe entre nous quelque chose d'étrange comme si j'étais là désigné pour être le confident, l'âme de passage. J'ai pas osé faire le pas ... Pourtant, j'avais compris sans mots dire !
J'ai retrouvé dans le poème de Philippe Parrot l'écho de ce moment à Étretat. En partage !
http://philippe-parrot-auteur.com

debbie le lundi 02 septembre 2019, à 21:18
Bonsoir bienvenu sur le site. C'est un très beau poème... Le poète voit, ressent ce qui l'entour, comme une éponge il s'preigne de son environnement. J'ai beaucoup aimé ! Merci de ce beau partage
Belle soirée
Avec ma poétique Amitié
Debbie

Rachelle le lundi 02 septembre 2019, à 21:40
Bonsoir Mouloud, très belle poèsie!!!!!! très bien écrite!!!!! et très émouvante!!!!!!!j'ai ressenti l'intensité émotionnelle qui suinte dans ton poème, du début à la fin, j'adore ton poème!!!!! il y'a des de très belles émotions sincères et bouleversantes!!!!! et fascinantes!!!!!!, je suis captivée!!!!, subjuguée par la beauté des vers du poème!!!!! et de la grande force qui s'y dégage, avec une sensibilité exacerbée que j'adore!!!!! que j'admire!!!!! c'est de la grande poèsie!!!!! de la poèsie pure!!!!!!avec la noblesse des sentiments du coeur!!!!!! c'est exquis!!!!! c'est prodigieux!!!!!!!c'est la palme du génie cette poèsie!!!!!! sincèrement!!!!!! bravo!!!!!!!, j'ai savouré avec beaucoup de plaisir cette lecture!!!!!!! comme si j'écoutais le boléro de Ravel, la chevauchée de la walkirie de Wagner, ou le prodigieux cd de Johan Sébastian Bach, : Magnificat avec les divines voix d'opéras!!!!!!!, et bienvenu sur le site!!!!!! amitiés!!!!! http://www mes poemes.net/funky571/

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