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Page blanche
Pour m’attirer à toi, tu prends mille visages :
Promise en robe blanche au lisse velouté,
Pétales vanillés que je dois effeuiller,
Ou nudité offerte aux binaires messages.
Virginale contrée, tu clames les prouesses
D’une plume inspirée qui change ton décor,
D’un crayon impatient qui malmène ton corps,
De mes doigts pianotant une intime caresse.
Mais ton désir ardent ne trouve pas d’écho.
La plume est asséchée au fond de l’encrier.
La mine du crayon n’a pas été taillée,
Et le clavier muet ne compose de mots.
Par ma muse trahi, je ne peux te couvrir
De vers émerveillés, de belles émotions.
Déçue par cet hymen que nous ne consommons
Tu t'es vêtue de gris et te laisses jaunir.
B.
(mars 2005 – révisé en 2006)

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