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Jeanne Calment revisitée (1875-1997)

le vendredi 27 septembre 2019, à 22:20. Posté par Michel Ernest


Voici l'histoire très banale
D'une simple femme au foyer
Qui vécut une vie normale
Sans vouloir être remarquée

Son talent, sa seule prouesse
C'est d'avoir vécu tant d'années
Qu'on l'inscrivit dans le "Guinness" :
Doyenne de l'humanité

Jeanne Calment, naît en Provence
En Arles très exactement
Quatrième enfant d'une engeance
Dont il y n'eut que deux survivants

Elle n'a pas d'amis d'enfance
Hormis François, son frère aîné
Mais les dix ans de différence
Altèrent leur complicité

Quand un grand peintre, alors en vogue
Un jour est de passage en Arles
Il a beau s'appeler Van Gogh
Ce nom, en fait, point ne lui parle

Pourtant cette illustre personne
Va la vacciner de sa griffe
Car Jeanne peint et se passionne
Pour les arts dits décoratifs

Le huit avril quatre-vingt-seize
À l'âge de vingt et un ans
Avec son cousin fort à l'aise
Jeanne se marie promptement

Son mari étant richissime
Jeanne s'adonne à ses passions
L'opéra, le piano, l'escrime
Le tennis et la natation

Bientôt dans la maison résonne
Le rire d'un petit enfant
Une fille appelée Yvonne
Qui fait le bonheur des parents

S'ensuit l'horrible "Grande Guerre"
Les "Années Folles" et, enfin
Yvonne fait Jeanne grand-mère
D'un gentil petit chérubin

Hélas, Yvonne meurt d'un mal
Que l'on appelle pneumonie
Et dans l'autre guerre mondiale
Décède Joseph, son mari

En mil neuf cent soixante-quatre
Meurt son chéri petit-enfant
Lors, Jeanne renonce à se battre
N'ayant plus aucun descendant

Nonagénaire solitaire
Elle contracte un viager
Avec son aimable notaire
Qui trépasse avant d'hériter

À son tour la veuve cotise
Avec ses tous derniers deniers
Pour gagner sa terre promise
Dont le prix a déjà doublé

À cent-dix ans, notre Jeannette
Quitte son grand appartement
Pour une maison de retraite
Qu'on lui paye implicitement

À cette époque, l'on bichonne
Une dame de cent onze ans
Qui est la nouvelle championne
De longévité du moment

Lorsqu'elle meurt, Jeanne exulte
Car cet inespéré décès
Dans le Guinness, la catapulte
Comme doyenne des Français

À cent quatorze ans, la téloche
Vient fêter son anniversaire
À cent-quinze ans, c'est le cinoche
Qui la fait jouer dans un thriller

Après la médaille de bronze
Pour son record franco-français
C'est l'argent en quatre-vingt-onze
Pour celui sur l'humanité

Enfin c'est la médaille d'or
Qu'elle décroche à cent-vingt ans
Car aucune personne encore
N'a pu vivre un aussi long temps

À cent-vingt-deux ans, la pauvrette
Voit sa santé se dégrader
Puis en août quatre-vingt-dix-sept
Laisse son titre avec regret

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