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Le Tue-vaques
Quelle région de France au temps de la vapeur
N’a pas connu son train devenu légendaire ?
De Valognes à Cherbourg en passant par Barfleur
Serpentait lentement la voie du Val de Saire.
Tenant compte des arrêts fréquents sur le parcours
De Cherbourg à Barfleur une bonne heure passait.
De Barfleur à Valognes par Saint-Vaast en détour,
C’était presque deux heures que toujours il fallait
A moins d’un incident tel un déraillement
Ou la vache paissant sur le bord de la voie ;
On ne s’appelle pas Tue-vaques innocemment
Et l’on comprend alors des voyageurs l’effroi.
Sur la plate-forme extrême , profitant du grand air,
On pouvait aisément faire conversation
Et plus d’un villageois savait alors y faire
De la belle normande entamer séduction.
Il était pittoresque dans sa façon de faire
Transportant marchandises et simples passagers,
Pour la perfide Albion les jeunes pommes de terre,
Pour les fins connaisseurs moutons de pré-salé
Et des agriculteurs les produits de la terre,
Carottes poireaux et choux sobrement emballés.
Comment ne pas parler des produits de la mer
Qu’il était téméraire souvent d’aller pêcher
Et enfin des touristes qui n’étaient pas peu fiers
D’aller du bout du pied tâter de l’eau salée ?
Il n’était plus rentable ce train de la presqu’île ;
Il fallut tourner page, au progrès sacrifier.
Si le cœur vous en dit, vous les gens de la ville,
Qui des trains du passé restez intéressés,
Dénichez une gare comme celle de Fermanville,
Peut-être dans le lointain entendrez-vous siffler.
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