|
L’accordéon
Du p’tit Léon
Si bien connu
Au coin des rues
Joue des chansons
Que filles et garçons
Chantent dans les maisons
Les gosses du coin
Le connaissent bien
Le musicien
C’est leur copain
Toujours premiers
Pour venir l’écouter
L’école est oubliée.
Lundi, mardi
Barbès, Clichy
Puis pour trois jours
Dans les faubourgs
Changeant les bruits
De ce bon vieux Paris
Qu'il porte dans son cœur.
Mais il s’évade
Pour une aubade
Samedi, dimanche
En d’sous les branches
Pour les romances
Il faut bien des vacances
Ça leur donne des couleurs
Et puis un jour, l’Amérique
Lui demanda sa musique
Il s’embarqua aussitôt
Son piano sur le dos
Il est en train d’faire fortune
Bientôt, il s’paiera la lune.
Mais il s’ennuie de Paris
D’ses titis de Clichy
L’accordéon
Du p’tit Léon
A disparu
Du coin des rues
Mais ses chansons
Chantent dans les maisons
Des filles et des garçons
Les gosses du coin
Se rappellent bien
De leur copain
Le musicien
Est-il rentier
A-t-il changé d’métier
Ou s’est-il suicidé ?
Léon, toujours
Pense aux faubourgs
Il a l’cafard
Il broie du noir
C’est difficile
Et peut-être inutile
De vouloir expliquer
Y a des balades
Qui rendent malades
Et le dimanche
Il pense aux branches
Et les romances
Chantent un coin de France
Où son cœur est resté

|