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Je m'exhibe avec d'autres
Au sommet d'une tige
Protégée du soleil
Par des feuilles bienveillantes
Et des mains sacrilèges
Par de guerrières épines...
Tout en haut
De denses frondaisons
— Comme
Au bout d'une perche ! —
J'oscille avec le vent,
Au gré de ses désirs.
Il caresse, charmeur,
Ma fleur toute épanouie,
Avec le mâle souffle
De ses brises pénétrantes,
Et, à me laisser séduire,
Je rosis, frémissante d'émois...
À trop aimer les transes,
Venues de quel Levant,
— Lucarnes sur l'Ailleurs !
Qui poussent au voyage ! —
Mon cœur se languit
En vain secrètement...
Captive d'un terroir
Où errent les fantômes
De celles nées avant moi,
À ne faire que passer,
Tenue de mourir là,
J'en ai pris mon parti...
Ainsi, beauté fugace,
Aux parfums éphémères,
Aux grâces passagères,
Sans espoir de lendemain,
Je n'embellis qu'un monde
Illusoire et fragile !
Murée dans mon silence,
Profond tel un abysse,
Je profite pourtant de cet été
Magique où je suis la plus belle,
Avec, pour seul souvenir, je le sais,
Des rêves d'outre-tombe !
Mais, dans mon infortune
— Radieuse création trahie
Par un destin cruel ! —
Avant l'heure crépusculaire
De ma courte existence,
Un plaisir m'est précieux :
Savoir, à toute heure,
Jouir de chaque instant,
— Si banal qu'il soit ! —
Voilà qui me fait défaillir !
En témoignent mes fragrances,
Ces cris d'abandon que nul n'entend !
La rosée sur mes pétales,
Les abeilles amoureuses,
Ma sève intarissable,
Et la voix des enfants dans
Le jardin clos, oui ! Avidement,
Je goûte le moment présent.
Alors, dites-moi ! Magnanime,
Me pardonnerez-vous,
— Quand je me fanerai ce soir —
De n'avoir uniquement songé
Qu'à m'enivrer des douceurs d'ici-bas,
Dans l'évanescence des jours ?
Philippe Parrot
23-24 septembre 2016
http://philippe-parrot-auteur.com/2016/09/27/p209270916/
https://www.youtube.com/watch?v=2ICFtXx546A

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