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Il pleut dans mon âme grise
Le sol détrempé de chagrin
Nettoie par ruisseaux
Les vitres froides de mes yeux
Des poussières cuivrées de joies estivales
L’espoir déraciné, abattu dans la nuit
Gît perdu dans un craquement silencieux
Douloureuse défaite des racines et du temps
Eparpillement de lambeaux de mots
Ecorses éparses
Voyelles meurtries, éclats de syllabes,
Rimes émiettées, consonnes dessoudées
Retournés, torturés et brisés
Qui périssent sans repos
Dans la lumière paisible de l’éclaircie
Ce matin, ma femme m’a souri.
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