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Clément ADER revisité (1841-1925)

le jeudi 07 novembre 2019, à 14:43. Posté par Michel Ernest


    Ader n'est pas né dans la Drôme
    Comme on dirait pour rigoler
    Pas plus sur un aérodrome
    Bien qu'il aimât beaucoup voler

    Clément naît en Occitanie
    À Muret, tout près de Toulouse
    De François, patron de scierie
    Et d'Antoinette son épouse

    Comme Clément est fils unique
    Le père veut qu'il lui succède
    Pour lui transmettre sa technique
    Il doit l'embrigader comme aide

    Heureusement l'école veille
    En remarquant ses aptitudes
    Son instituteur lui conseille
    De faire de hautes études

    Dès mil huit cent cinquante-sept
    Dans une école d'ingénieurs
    Il étudie comme une bête
    Et en sort avec les honneurs

    Avec ce seul diplôme en poche
    Il quitte Muret pour Paris
    Et, à limage de Gavroche
    De petits boulots, il survit

    L'Exposition Universelle
    De mil huit cent soixante-sept
    Le trouve concepteur de selles
    Et de cadres de bicyclettes

    Mais la guerre franco-prussienne
    De mil huit cent soixante-dix
    De ses vélocipèdes, freine
    L'activité innovatrice

    Embauché à la Compagnie
    Des chemins de fer du Midi
    Il crée une machine inouïe
    Qui pose des rails en série

    En plein essor du téléphone
    Avec de grands chanteurs à voix
    Clément crée le "Théâtrophone"
    Qui offre l'Opéra chez soi

    Il devient vite millionnaire
    Et réinvestit son pactole
    Dans un projet spectaculaire
    Le moteur à vapeur "Éole"

    À trente-trois ans, notre artiste
    Enfourche son premier avion
    Mais sans témoin près de la piste
    A-t-il décollé oui ou non ?

    Lors, le ministre de la Guerre
    Prenant au sérieux ses travaux
    L'embauche dans son ministère
    Et le couve comme un oiseau

    Pendant sept ans l'État dépense
    Comme on dit "un pognon de dingue"
    Sans que Clément, en récompense
    Ait pu faire voler son zingue

    Si l'engin a quitté le sol
    Sur quelques mètres seulement
    C'était dû à des cabrioles
    Ou à quelques hoquètements

    Or, c'est là que la concurrence
    Par la voix de Santos-Dumont
    Annonce que loin de la France
    Il a fait voler un avion

    Le gouvernement implacable
    Laisse Clément à ses coucous
    Et pour les ballons dirigeables
    Lors, il s'enflamme tout-à-coup

    Pour autant, Clément ne renonce
    Son cerveau bouillonne d'idées
    L'automobile est sa réponse
    Et le succès ne va tarder

    Il gagne quelques courses vagues
    Puis se tourne vers les bateaux
    Il conçoit un "dompteur de vagues"
    Qui glisse par dessus les eaux

    Pourtant, durant la Grande Guerre
    Il revient à ses primes joies
    Il prône l'avion militaire
    Mais l'armée ne l'écoute pas

    Il retourne dans le sud-ouest
    Tailler ses vignes et sa flore
    Et de temps en temps fait des tests
    Pour Panhard et pour Levassor

    Clément quitte ce monde à l'âge
    De quatre-vingt-quatre ans précis
    C'est là son plus beau décollage
    Qu'il ait à jamais réussi

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