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Rien n'est parfait sur terre. Ainsi va de la vie.
Le sentiment souvent se heurte à l'ineptie
Et lorsqu'en son pouvoir il se croit créateur
L'homme comprend bientôt qu'il n'est qu'imitateur.
Minuit faisait sa ronde et l'ultime fếtard
Cogitait à son tour :"Est-il tôt ou bien tard?"
La nuit épousait l'air et dans l'ombre tranquille
Le ciel, encouragé, se penchait sur la ville.
Tout était calme et doux et les arbres, pensifs,
Semblaient, sous le croissant, comme autant de califs.*
Pour qui soupiraient-ils? Sinon pour les déesses
De marbre ou bien d'airain qui exhibaient leurs fesses.
Elles, l'oeil aussi froid qu'un hyperboréen,
Gardaient le même état hypnoïde et serein,
Ne sachant même pas des cercles félibriges
Les cent vingt bras tendus aux Vénus callipyges.
Alors que la Nature chantait en langue d'oc
Pygmalion n'aurait pu dégeler leur roc.
Moralité
Ceux qui vivent vraiment sont pareils à ces arbres
Mais, c'est paradoxal, ils ne sont pas de bois.
Les autres sont plutôt figés comme des marbres
Avec leurs rêves morts en leurs cerveaux étroits.
Garçon, qui va cherchant fille à ta convenance,
Médite la leçon, gardes-en souvenance.
Et, laissant Paméla qu'on ne peut attendrir,
Prends la chaude Margot pour ensemble jouïr
* califEs prend un E mais je l'ai ôté pour la circonstance.
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