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La Rom
Je reste là, assise, en quête de misère,
Parfois je tends la main tout en baissant les yeux,
Mais les passants s’en moquent, cela les indiffère
Et je sèche mes larmes avec mes doigts crasseux.
Mon enfant près de moi dort dans sa couverture,
C’est tout ce qu’il me reste d’un embryon de vie,
Je mendie pour avoir un peu de nourriture…
Quand une pièce tombe, alors, je dis merci.
La ville grouille encore des rires frénétiques
De cette joie de vivre que je n’ai jamais eue,
Moi, je reste prostrée, image symbolique
De cette dignité que mon corps a perdu.
Peu de gens me regardent, seuls quelques uns s’approchent,
Je dois leur inspirer peut-être du dégoût,
J’attends le cœur serré, blottie dessous un porche
Qui reste le seul lieu d’un triste rendez-vous.
Ce soir j’irai rejoindre mon abri de fortune,
Une cabane en bois, dans la périphérie,
Sinistre campement éclairé par la lune
Où l’on s’entassent à dix dans un pauvre réduit.
Si il y a un Dieu ou une Sainte Vierge,
Qu’ils aient pour ma souffrance une once de pitié.
Je voudrais tellement que leur amour protège
Cet enfant que je berce, contre mon sein, serré.
Claude
( poème écrit en 2016 après être passé par une rue
de ma ville où une Rom mendiait )
https://www.youtube.com/watch?v=wYpXkD1ZaSE
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