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Brise l’âme
Dans mes barreaux de solitude
J’ai mis en cage ma mémoire
Et j’ai cloîtré mes habitudes
Dans le présent de mon histoire.
Comme un poème écartelé
Dont chaque rime me torture,
Les fils de fer des barbelés
Se sont rouillés sous mes injures.
Je dors avec cette obsession
Que doivent avoir les falaises
De se jeter par affliction
Dans l’eau d’une mer Irlandaise.
Le temps qui se désarticule
Renverse tous les sabliers
Avant d’arrêter les pendules
Que le passé a retardé,
Je regarde quelques photos
Développées en chambre noire,
Ce n’est que le portrait robot
D’un bonheur qui fut illusoire,
Rien que des perles de rosée,
Des larmes que la nuit dépose,
Qui vont vite s’évaporer
Tel un parfum de pas grand-chose.
Je deviendrais ce somnambule
Qui cherche à hanter un décor
Et qui en tâtonnant simule
Tous les prémices de la mort.
Je deviendrais ce funambule
Titubant sous son balancier
Et que le filin manipule
Avant de le laisser tomber.
Quand les fleurs du mal se maquillent,
Ca n’a rien d’un joli bouquet,
Pauvres jacinthes, tristes jonquilles,
Le bonheur n’est pas dans le pré.
Claude écrit le 24 Novembre 2019
https://www.youtube.com/watch?v=uJfZrTduhuE
Allain Leprest, chanteur, poète merveilleux aux textes
magnifiques s'est suicidé le 15 Août 2011 à
Antraigues sur Volane en Ardèche, là ou habitait
un certain Jean Ferrat.
Si cela vous dit, allez écouter les chansons d'Allain
Leprest, vous n'en ressortirez pas sans bleus à
l'âme.
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