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Au gré de ma fantaisie naît le vers étourdi,
Je le réveille de ma main ourdie,
Aux caresses il se manifeste,
Et devient un vers oui.
Il rime ce vers dans l'entre temps,
Je le fais voltiger au vent,
Il tournoie, et voltigeant
Se pose sur le papier volant.
Il s'imprime discrètement , gentiment
Suis , appliqué le cours des lignes,
Et parfois même , il s'indigne
De la sensualité qui s'y est glissé.
Mais je suis une fée inspirée
Par le monde de la tendresse,
De ma baguette , je dirige et n'agresse,
Par mon coeur , je distribue les caresses.
Mon âme est imprimée dans la journée,
Elle colorie le pâle , le blême
Et les couleurs au ciel se pâment
En un arc en ciel courbé qui se trame.
J'ai l'âme si fragile , cachée en ostensoir,
Elle est présente en ce reposoir
Qui paraît juste le temps du soir,
Pour me protéger d'un top sombre noir.
Me protéger du désespoir de l'illusoire,
J'aime à rêver qu'il est bien vivant,
Celui qui me sert de prince charmant
Vêtu de sa tunique de magicien,
Il veille à ce qu'il ne me manque rien.
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