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Un matin de fronts bleus, dans une lande douce,
J'aurai le bruit des pas que tu voulais entendre,
Une pâleur tranquille qu'il te faudra comprendre
Et tu suivras ma course.
Dans mes brassées de rêves tu ne trouveras rien,
Ni les couleurs du vent, ni les doigts de l'oiseau,
Ni même la rumeur, ni même le roseau
Mais tu prendras ma main.
Puis, tremblants du miracle et des pudeurs de l'autre,
Inquiets de nos blessures comme de nos aveux,
Etourdis des fanfares et des chagrins de l'aube,
En marchant droit et fort nous fermerons les yeux.
Une femme viendra nous prendre par l'espoir,
Les épaules coulées comme ces rives blondes
Qui bercent des ruisseaux de tendresses profondes,
Là-bas, dans tes miroirs.
Elle nous emmènera, tu sais bien, au milieu
De désirs familiers pleins de chevaux farouches,
De baisers retrouvés, de bruyères et de mousse
Et nous serons heureux.
Puis invités, sans doute, par ces troubles saisons,
Etonnés juste un peu de la saveur des choses,
Pour des lueurs nouvelles aux lisières de ta robe,
Aux prairies de nos coeurs, nous nous arrêterons.
Tout ce qui s'imagine est l'espoir du possible,
Quand ces jours qui s'engrangent sans qu'on les ait fauchés
Ou sans qu'on s'en souvienne, reviennent nous chercher
Dans leurs gestes paisibles.
Tu verras, nous aurons d'incroyables moissons
Avec des cris de fêtes accrochés à nos doigts,
Nous irons affranchir nos fleuves et nos lois
Puis, comme deux coupables, nous nous séparerons...
Je t'aime.
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