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Petit cadeau pour supporter l'hiver.
En riant -le polisson !-
Le printemps, sans frapper, entre.
Et jusqu'au grand mur du fond
Change la maison en antre.
L'air est vif et nous fouette
Et le sang bouillonne en nous.
La maison, soudain muette,
Est étrange, loin de nous.
Puisqu'on peut se passer d'elle
A son tour elle s'endort.
Elle sera bien plus belle
De pouvoir rêver encor.
Dans quelques jours, reposée,
(Elle veilla tout l'hiver)
D'un peu de fard avivée,
Elle ouvrira ses yeux verts.
Respectant sa lassitude,
Le printemps soudain s'éteint.
Et, plutôt par habitude,
Voit la maison du voisin.
Paru dans le feuillet de poésie "Les écrits rennais" en mai 1997
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