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Dissidence de l’autre
Comment se percevoir quand on se perd de vue,
Comment se retrouver dans le miroir d’en face ?
Qui est ce double en soi, encore si mal perçu
Et dont jusqu’à ce jour je cherche encore la trace ?
Le frêle mécanisme qui tourne dans ma tête
Oscille quelquefois au gré de mes penchants,
Sur l’éventualité de mes caches secrètes,
Je soulève le voile de mes consentements.
De tous les labyrinthes, je connais les issues,
De la guerre du cœur, les odieux stratagèmes,
Une main sur le glaive, l’autre sur le refus,
Car on ne sait jamais où nous mène la haine.
J’ai en moi des remparts pour protéger ma vie,
J’ai en moi des donjons pour surveiller le monde,
Je brûle sans scrupule toutes ces litanies
Sur lesquelles la foi des mensonges se fonde.
Tous mes raisonnements feront une allégeance
Aux affronts insidieux que je voudrais laver,
Une partie de moi ira en dissidence
Chercher dans son exil cet autre que j’étais.
La glace que je brise fissure mon visage,
Atomes de ma chair qui vont s’éparpiller
Comme le font les doigts qui déchirent une image
Pour détruire la nuit que les rêves ont sondé.
Suis-je cette cellule d’un embryon larvé
Ou cette particule que le temps accélère ?
Les poussières d’étoiles que j’ai incinérées
Deviennent le fœtus de mes stances lunaires.
Silhouette moulée dans son corset d’argile
Pour y fragiliser le moindre mouvement,
Allégorie issue d’une pensée stérile
Pour mieux l’introniser dans un corps pénitent.
J’écoute les suppliques d’une voix intérieure
Faussement accordée sur de troublants arpèges,
Je la sens prévenante, mais sa fausse pudeur
Ont fait fondre l’écho de mon flocon de neige.
Simple bouleversement des humeurs éruptives,
Tectonique des corps tremblant de superflu,
Failles disséminées dans ma zone affective
En quête d’ Atlantide et de trésors perdus.
Les mots me transfigurent par leur surréalisme.
Quand en toile de fond, j’esquisse leur tableau
Je tranche la couleur de tous mes traumatismes
Comme le fait l’artiste quand il peint au couteau.
J’aime me réfugier dans les bras de la mer
Comme un petit enfant qui se fait dorloter,
Et malgré tout le mal que mon cœur a pu faire,
Les lagunes auront des îles de Beauté.
Claude écrit le 18 janvier 2020
https://www.youtube.com/watch?v=6CH_GAoSYKk
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