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Le berger
Dés qu’il a rassemblé ses moutons et ses chèvres,
Près de la capitelle où il va s’abriter,
Le berger se distrait, un pipeau à ses lèvres
Et un air bucolique le fait poétiser.
Le jour éteint déjà sa lampe radieuse,
Les bêtes se résignent à rester dans le pré,
Le vieux chien les surveille, et les plus capricieuses,
En quelques jappements sont vite regroupées.
Bientôt le paysage va perdre ses repères,
Sous des milliers d’étoiles qui vont tomber des nues,
Le chaud soleil s’éclipse en laissant sur la terre
Mourir l’incandescence de ses rayons déchus.
Le ciel n’est plus qu’un champ aux odeurs de lavande,
Le vent souffle l’écho des bruits de la vallée,
C’est l’heure où la forêt convoitise la lande,
Où les yeux du hibou chassent l’obscurité.
Sous la lune complice qu’il a pour confidente,
Le berger communie avec tout l’Univers,
La nuit va recueillir les pensées transhumantes
De toutes ces étoiles qui sont ses messagères.
Assis auprès du feu, il fait danser les ombres
En ravivant les braises au flûtiau endiablé,
Celui qui le verrait jouer dans la pénombre
Penserait qu’une femme a du l’ensorceler.
Demain émergeront les étendues de brume,
Les cimes des montagnes à nouveau blanchiront,
La rosée sur les fleurs laissera son écume,
La garrigue prendra son aspect vagabond.
Avant de repartir en empruntant les drailles,
Sur les pas de Giono, en pays Luberon,
Il rêvera assis sur un pan de muraille,
Les dentelles des Alpes pour ligne d’horizon.
En attendant, il dort dans son manteau de laine,
Blotti dans le silence dont son corps s’est drapé,
En bas, quelques lumières palpitent dans la plaine
Comme son cœur qui bat loin de sa bien aimée.
Claude
Poème de 2011
( dédié à Manu, un berger rencontré du côté
de Manosque, au cours d’une randonnée. )
https://www.youtube.com/watch?v=S-2hcfNZrFY
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