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Ephémère du subconscient
I
Quelques électrochocs stimulent mon cerveau,
Les cathéters distillent leur liquide vital,
Quelques vaisseaux sanguins naviguent sous ma peau
Et je fais des bouquets avec les Fleurs du Mal.
Dans la chambre stérile, j’isole mes fous rires,
La lampe scialytique* m’opère sous serment,
Sous un ciel comateux meurent mes souvenirs
Qui ont perdu leur sens et la notion du temps.
Mon cœur désordonné cherche sa boîte à rythmes,
Son tic tac décalé met ma vie en suspend,
Il me faudra attendre que mon corps se ranime
Pour qu’en ouvrant les yeux, je me sente vivant.
Sommeil paradoxal où j’engrange des rêves,
Une suite d’images qu’il me faut colorier,
Imprévisibles songes qui ne sont qu’une trêve,
Comme une parenthèse qu’il faudra refermer.
Etrange sensation, théorie relative,
Equation inconnue qu’on ne peut vérifier,
Curiosité malsaine tant elle est maladive
Et qu’elle a pour vecteur les segments du passé.
Je m'éloigne de tout, dans un frisson nuptial,
Protégé par la bulle de mes pensées étanches,
Un miroir me renvoi mon empreinte faciale
Soulignée par les cernes témoins de mes nuits blanches.
Tremblements de mon corps, fissures de mon cœur,
Tectonique de l’âme aux multiples séismes,
La froidure des draps, les bouffées de chaleur
Remettent en questions mes confessions intimes.
II
Je pars pour ce voyage au centre de mon Etre
J’en connais les limites, j’en connais les bas-fonds,
Mais aussi la douceur qui est son ‘ périmètre ‘,
Quand un peu de soleil lui offre ses ‘ rayons ‘.
Que suis-je ici bas ?... tout se passe là-haut,
Suis-je le survivant des étoiles en guerre,
Ou issu d’un atome qui crache son noyau ?
J’en suis encore là, à percer mon mystère.
Sur une autre planète, dans un autre Univers,
Je vois un jardinier cultiver mes cellules,
Je suis son prisonnier, je pousse dans sa serre
Sous l’effet d’un produit que sa main m’inocule.
Je sens qu’autour de moi, le monde se transforme,
Les hommes pour survivre troquent leurs panoplies,
Les hommes se déguisent, s’implantent des hormones
Pour qu’en changeant de sexe, ils changent aussi de vie.
Au creux d’une Mer morte, un continent dérive,
Il a brisé son ancre et sa coque est rouillée,
Quelques drapeaux de chairs flottent dans les coursives,
Qu’ont-ils fait de la Terre ?…mais que c’est-il passé ?
La plume d’un archange s’est posés dans l’espace
Et je vais la rejoindre sur mon tapis volant,
Je m’en sers pour écrire…et puis mon rêve passe…
Bonne nuit mon petit…ce n’est qu’un jeu d’enfant.
Claude écrit le 3 Mars 2020
( scialytique* désigne la lampe que l’on trouve dans un
bloc opératoire au dessus de la table d’intervention )
https://www.youtube.com/watch?v=rX2pB2kqHZ0
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