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Il y a le silence, l’épaisseur du silence,
Qui fait trembler jusqu’à la fibre.
Il y a les cris, les nervures des cris,
Qui brisent jusqu’à la structure.
Il y a la solitude, l’épaisseur de la solitude,
Qui écrase l’âme jusqu’à la folie.
Il y a la promiscuité, le trop de présence,
Qui rend impossible l’absence.
Il y a la brutalité de cette ère nouvelle :
Depuis le soleil à la terrasse des cafés,
A l’isoloir sombre et précaire des toilettes.
Depuis la chaleur douce du collectif,
A la froideur de la salle à manger déserte.
Il y a eu l’argent coulant à flot,
La course des cours de bourse, folle,
Les prêts à tous vents,
L’immobilier s’envolant,…
Et puis, soudain, calme plat,
Ces grands voiliers immobiles,
Stoppés net sur une mer d'huile
Prenant eau de toute part,
Avec des capitaines impotents
Incapables mêmes de mourir.
Tout ces vieux pris dans le désir du départ.
Le vent aura-t-il enfin cette violence ?
Il y a bien l’attente de la délivrance.
Il ne suffit pas d’avoir les yeux hagards.
Les enfants, eux, sont porteurs sains.
Sanctuarisation de la sanctification,
Ils conservent leurs yeux de nains
sans dédains, ni commisération.
Il y a bien la planète qui se masse
Là où elle a mal, s’arrête et ressasse
Cette mise brutale en suspension
Bien loin des vieilles superstitions.
Quand le soleil se lèvera, qu’on sera plus âgé,
On arrêtera tout naturellement se s’interroger :
Il n’y aura plus que la Lumière de l’action
et, espérons, un peu de douce compassion.
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