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Joyeux anniversaire
Même si les années s’écoulent radieuses,
Les bougies du gâteau plombent l’anniversaire,
Au cumul des années, elles sont plus nombreuses
Et je manque de souffle pour plier la dernière.
J’essaye plusieurs fois, la bouche en cul de poule,
D’éteindre cette flamme qui résiste toujours,
Comme elle je rougis, ça coule, j’ai les boules,
Ah ! je m’en souviendrai de ce énième jour !
Moi pourtant dans la vie, je ne manque pas d’air,
D’ailleurs mon entourage dit que je suis gonflé,
Mais ce n’est pas facile d’éteindre la lumière
De 118 bougies , sans vent pour vous aider !
Le moteur est usé, il tousse mais ça roule,
L’allumage se coince, j’ai des bornes au compteur,
J’ai pris de la bouteille et tout cela me saoule,
Et en plus j’ai la trouille de choper Alzheimer.
Mais j’ai encore en tête mes souvenirs d’enfance,
Les copains, les copines qui rappliquent en chantant,
Aujourd’hui ça diffère, j’aurai plutôt tendance
A voir ce jour spécial avec effondrement.
Louise parle du temps où elle était gamine
Quand le petit Lucien lui lorgnait ses gambettes,
Elle avait à l’époque une meilleure mine…
Maintenant ses guibolles désolent les mirettes.
Au moment de couper le gâteau à la crème,
Je tente de cacher une part d’émotion,
J’en ai le cœur serré, je pense à ceux que j’ aiment
Et qui m’ont tant peiné par leur disparition.
Pas mal de mes amis ne peuvent être là
Car la plus part d’entre eux ont passé l’arme à gauche,
Ca file le bourdon, le mousseux passe,
Par-dessus le marché, j’ai pris de la brioche.
Par malheur devant moi, il y a une glace,
Il manquait plus que ça … ah ! qu’est-ce que je suis moche !
La peau ratatinée, sur les joues des crevasses,
Et en plus sous les yeux, j’ai de sacrés valoches.
Le gâteau paraît dur, il manque de moelleux,
Je fais tomber des miettes tout en le mâchonnant,
On me donne un bonbon, alors là c’est pas mieux,
Je le suce plus d’une heure car j’ai perdu mes dents.
Au milieu du goûter, j’ouvre tous les cadeaux,
C’est tout un tas de merde venant de la Foire Fouille,
Un pyjama à fleurs, un CD de Tino,
Ca vous rajeunit pas…quelle bande d’andouilles !
Je dis merci beaucoup et puis je les embrasse,
Les invités confirment : ‘’ tu sais, c’est trois fois rien ‘’
Je pense : ‘’ ça c’est sur, faut que j’men débarrasse,
Demain j’mettrai tout en vente sur le Bon Coin. ‘’
Y’a toujours dans le lot un proche qui picole
Et rougeaud vous raconte des histoires de fesses,
Pour lui faire plaisir, on pouffe et on rigole,
Mais dans certains regards, je vois de la tristesse.
Pendant que des futés essaient en cachette
De prendre discréto plusieurs parts de gâteau,
Il y’en a toujours une qui cherche les toilettes
En disant : ‘’ Excusez, j’ai mangé un peu trop . ‘’
Tout le monde l’entend gémir sur la cuvette
Et pour couvrir les bruits, on monte la sono,
Tandis que j’imagine cette pauvre Lucette
Entrain de dégueuler les morceaux de pruneaux.
Certains font bande à part et entre eux ils papotent,
Flinguant les politiques, à leurs yeux des guignols,
D’autres préoccupés par leur santé pâlote
Ne parlent que du taux de leur cholestérol.
Avant de se quitter on se fait quelques bises,
On se dit : ‘’ au revoir ! rendez-vous dans un an ! ‘’
Mais qui sait l’avenir ? car quoique l’on en dise,
Il s’en passe des choses pendant ce laps de temps.
Voilà, il se fait tard, les amis sont partis,
Je vais me retrouver tout seul en tête à tête
Avec un an de plus et ma vie en sursis
Et cet anniversaire qui vient gâcher la fête.
Claude écrit le 28 mars 2020
( ancien poème )
https://www.youtube.com/watch?v=WsNineJhfyY
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