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Le courage Thème du Printemps des Poètes 20

le samedi 11 avril 2020, à 00:15. Posté par cepygex1


Le courage
Thème du Printemps
des Poètes 20


Le courage endormi chez certains
Lors d'imprévus fortuits et graves
Brusquement se réveille soudain
Des êtres alors agissent en braves

Par un secours souvent mésestimé
Donnent aux victimes fors leur peur
Ancestrale parfois sous la frayeur
Leur aide face aux dangers sous-estimés

Nécessaires à l'homme pour vivre
Ceux opportuns à l'heure de la mort
Ou bénéfiques entre-temps pour survivre
Ces courages aussi sont vertueux et forts

De l'audace les amis je vous encourage
De faire vôtres ces concepts de courage

Les Maisonneries VIII.19



du 7 au 23 mars Édition 2020 Le Courage

C’est un vers de Corneille. Un vieil alexandrin célèbre,
à la toute fin du Cid, qui dit le cœur, l’espoir et le triomphe
du temps quelque par à Séville :
Espère en ton courage, espère en ma promesse…
Et dans cet hémistiche toute la bravoure du monde roule à l’assaut
des siècles, avec tant de constance. Tant de patience
passée à la postérité, comme un secret légué, mantra plus efficient
que les rudes lois du sang. Et la vaillance d’outrepasser les règnes, les solitudes, les exils, les douleurs, les aurores et les disparitions. Nos horloges sonnent l’heure du courage, écrivait Anna Akhmatova à l’hiver 1942. Tandis que Prévert tordit le cou aux pensées toutes faites dans ses « Adonides » : La guerre déclarée / j’ai pris mon courage / à deux mains / et je l’ai étranglé. Car le mot, trop taillé pour la gloire, a parfois mauvaise presse. Pourtant le cran. Pourtant l’audace. Pourtant la virtus latine, qui fait dire à Virgile et Apollon d’une même voix : Déploie ton jeune courage, enfant, c’est ainsi que l’on s’élève jusqu’aux astres. Cette force d’âme capable de tutoyer les étoiles en appelle aux mots de Desnos, dont Éluard affirmait, devant ses cendres revenues de Terezín, qu’il était la poésie du courage. Une poésie qui se joue la vie, l’amour, la liberté jusque dans la pire des morts. Avec ce qui me reste de courage, défoncer toute la Nuit, proposait Paul Valet, tout aussi prompt à mourir.C’est coton, le courage, même sans être corps et âme en lambeaux. La course plus que la rage. La lumière à foudroyer le noir. Comme s’il n’y avait qu’un poète pour dire cet éclat d’être sans orgueil. Cette témérité de la langue qui vous mène plus loin que la vue ne peut voir. Cette intrépidité de la parole qui nous fait défaut. Cette endurance à Raturer outre. Ce souci du poème. Je vais droit au jour turbulent, annonçait André du Bouchet. Que l’on se nomme Blaise Cendrars ou Benjamin Fondane, Charlotte Delbo ou Sylvie Brès, Juan Gelman ou Ludovic Janvier… Tous ont osé. Et la frappe, la vitalité de l’écriture, le prodige de l’énergie poétique de nous révéler encore et toujours.
Sophie Nauleau


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