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Visions temporelles (Poème )

le dimanche 12 avril 2020, à 00:05. Posté par Claude



    Visions temporelles



    Le soleil au zénith veut inverser sa courbe,
    La lisière des yeux cherche à s’y éblouir
    Mais les couleurs du temps ne font que les dissoudre,
    Et aucune aquarelle n’arrive à l’embellir.

    Les aiguilles remettent les pendules à l’heure,
    Pendant qu’elles se croisent, on gagne un peu de temps,
    Les secondes défilent et leur tic tac trompeur
    D’un seul fuseau horaire brise les continents.

    Au fur et à mesure que dans nos cœurs s’épanchent
    Les larmes crucifiées de nos pulsions hybrides,
    En nos forts intérieurs, notre vie se retranche
    Sans avoir découvert un fragment d’Atlantide.

    Faudra t-il avant tout persécuter nos traces,
    Abolir par la mort notre peine de vie,
    Ou, à perpétuité, emmurés, sans espace
    Rester ces prisonniers sombrant dans la folie ?

    Quand je pense qu’un cri peut tuer le silence,
    Poignarder le rituel de nos pensées vers Dieu,
    Quand je pense qu’un mot peut prêter allégeance
    Et convertir un homme en bourreau monstrueux.

    Tous les astres seront plongés dans le néant,
    La pluie sera privée d’un lever d’arc en ciel,
    Et quand la nuit viendra bercer les océans,
    Les vagues n’auront plus leur plage de sommeil.

    Les arbres de nos livres auront perdu leurs feuilles,
    Le vent déchirera tous nos comptes rendus,
    Les poèmes prieront pour avoir des recueils
    Mais leur supplication sera cause perdue.

    L’amour transplantera la haine de nos cœurs,
    Nous nous adonnerons à toutes les violences,
    Résistants, assiégés ou simples déserteurs,
    Qui ne cherchent à fuir que leur propre conscience.

    I’ y’a au fond des mers tant de déserts de sable,
    De futurs Sahara, d’étoiles englouties,
    Il y a dans le ciel tant de vies insondables
    Et tant d’années lumières qui sont mortes depuis…

    Seuls les rêves ponctuent la léthargie des nuits,
    Aucun jour n’atteindra leur moindre paroxysme,
    Dans les bras de la mer où se jettent nos isthmes,
    Nous allons, sans savoir où cela nous conduit.

    Nos cahiers d’écoliers débordent de ratures
    Sur des tâches de sang qui encrent le papier.
    On voudrait tant cacher ces brouillons d’inculture
    Dans la marge d’erreur où rien n’est annoté.

    Les lendemains ne sont que des jours en sursis
    Tournant dans la spirale infernale du monde,
    Nos corps fossilisés, empreints de tragédies
    Seront les seuls témoins des strates de nos ombres.


    Claude écrit le 11 Avril 2020
    ( ancien poème )


    https://www.youtube.com/watch?v=rqE6W4pMpps

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